Date:15/1/18

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30/10/17 #Nouvel An 17-18 - Partie 3




Comme l'espace accordé au Réveillon est bien plus vaste que les précédents, Rowsco, personnalisant clairement et de façon amusante un roi elfique barman, a mis sur place deux bars dont chacun est annoncé par de grandes lettres lumineuses. L'un se trouve près de la piste de danse, à ciel ouvert, sous un large filet de pêche tendu au-dessus de quelques tables, sur lesquels plusieurs petits terrariums sont exposés comme centre de table. Certains sont flamboyants, d'autres plus discrets, mais chacun ponctue l'amour que l'artiste florale, Fraise Tagada BONBON, a pour les compositions originales. De grands chandeliers à l'apparence de mousse verte, suspendus aux mailles du filet, soutiennent de fines et longues chandelles dont les flammes s'agitent sous la légère brise du soir, la cire fondue s'écoulant tout autour et formant des coulisses le long des cierges. Sur les surfaces planes accueillant les cocktails, quelques réchauds posés sur de minuscules rondins de bois illuminent les visages de ceux venus boire un verre.

C'est d'ailleurs à ce bar, entouré de multiples horloges accrochées aux arbres et aux allures délurées donnant toutes des heures différentes que Leïa et Moana, deux volontaires pour s'allier à l'équipe de barmans et barmaids, s'agitent...

Moana avait décidé de participer au Nouvel An à sa manière. C'était la première fois pour elle qu'elle le fêterait et elle ne voulait pas être une simple spectatrice.

Elle s'était alors rendue au bar où Rowsco lui avait donné rendez-vous. Une chance pour elle, Moana avait déjà bossé comme serveuse il y avait quelques temps pour payer ses études. Mais avait-elle encore des restes... Elle le saurait bien assez tôt!

Ainsi, le soir du Réveillon, après quelques explications et instructions données par Rowsco sur le fonctionnement, les premiers clients arrivent en terrasse. Moana s'avance vers les convives d'un pas assuré, toujours son sourire éclatant vissé sur les lèvres.

- Hé bonjour ! Alors, qu'est-ce que je peux vous servir ? Son carnet entre les mains, elle prend note de la commande.

- Je vous apporte ça dès que c'est prêt ! Lance-t-elle à la clientèle, en leur laissant une petite panière de grignotines apéro offerte par la maison avant de repartir jusqu'au bar.

- Hé boy ! Première commande pour la table 6. Une Larmes Elfiques et une Peach Sunset ! qu'elle commande à Rowsco et Leïa, d'un air enjoué.

Quelques minutes après, les cocktails enfin préparés, elle plaque un plateau rond sur sa main et y dépose les deux boissons, puis elle se dirige de nouveau vers la table portant le numéro 6. Elle abaisse son bras tenant le plateau et, de son autre main, dépose un à un les cocktails en face de chaque personne...

Faisant le mouvement entre les tables, Moana et Leïa, Rowsco arrête sa course au comptoir pour préparer un énième cocktail. Son sourire accueillant et chaleureux scotche ses lèvres charnues et c'est avec une lueur amusée au fond des prunelles que le barman expérimenté enflamme une lignée de shooters sous le regard de sa jeune équipière Bordeaux.

Après avoir longuement tergiversé, comme de coutume, sur la tenue qu'elle allait choisir, Leïa avait opté pour un vêtement qui lui laisserait sa liberté de mouvement et s'était déguisée en fée papillon.

Arrivée à l'espace réservé pour Rowsco et son équipe de barman et barmaids, elle avait salué tout le monde d'un joyeux "salut" et s'était débarrassée de ses ailes et de ses manches à ruban pour se sentir plus à l'aise.

Désormais plantée derrière le bar à découvert, concentrée sur les commandes qui lui parviennent déjà des premiers invités, le stress du début fait très vite place à une véritable joie de se trouver là et de pouvoir mettre en pratique les bons conseils, trucs et astuces appris auprès de Rowsco et perfectionnés au Roof Garden et au New Délirium. Leïa prend très au sérieux la tâche qui lui a été confiée et s'est entraînée avec acharnement pour connaître par coeur les différentes recettes et pouvoir les préparer de manière parfaite.

Absolument détendue, sa bonne humeur et son dynamisme habituels resurgissent et les boissons qu'elle sert sont souvent accompagnées d'une gentille taquinerie envers les clients qu'elle connait pratiquement tous au travers des soirées au New Délirium. Elle est particulièrement fière des cocktails qu'elle a imaginés et que Rowsco lui a fait l'immense joie d'ajouter à sa carte. De loin en loin, elle échange des clins d'oeil et des plaisanteries avec ses collègues d'un soir, dont Moana, qu'elle croise le plus souvent, et le "grand patron".

Si Rowsco fait la navette entre les tables, les clients et le comptoir, il fait aussi le chemin entre les deux bars, faisant toute confiance à ses deux équipes pour mener le bal lors de ses absences. Pour se rendre au second, il suffit d'emprunter le sentier menant à la clairière destinée à l'espace de réception, tout en évitant soigneusement les différents cadres vides qui pendent, rattachés aux branches des arbres sur le chemin.. En bifurquant vers la gauche, on peut découvrir une maison de fées grandeur nature. En y pénétrant, le décor est tout autre. Remanié en genre de vieille forge, tout est constitué et décoré de cuivre et de différents métaux. Les poufs sont rehaussés de coussins confortables et entourent les énormes tables forgées, tandis que du plafond descend une myriade de papillons de toutes sortes, rattachés à des fils. Sur les tables, de gros vases moussus emplis de fleurs aux vives couleurs ajoutent vie et coloration à l'endroit, mais dégagent également d'agréables et doux parfums de roses. Semblables au premier emplacement, de gros chandeliers, accueillant des bougies plus évasées que les premières, éclairent la maison et l'on peut apercevoir frère et soeur en fonction, derrière le comptoir de bois travaillé. Sur ce dernier, plusieurs arbres à shooters sont disposés. De minuscules verres remplis d'alcool fort de couleur ambrée sont accrochés aux branches dénuées de feuilles et voisinent quelques petites éprouvettes contenant un liquide vert foncé. C'est certainement de la crème de mentholine.

En s'approchant du comptoir massif afin de prêter main forte à la seconde équipe, Rowsco croise son seul et unique barman masculin de la soirée et une barmaid grise qui ne chôment pas...

Derrière le bar en compagnie de sa soeur pour l'occasion, Sacha plaisante avec chaque client sur un ton léger, heureux de cette dernière soirée sétianne de l'année. Le mâle gris s'en donne à coeur joie, relâchant allègrement la tension accumulée après ses derniers mois de formation intenses sur tous les plans.

Entre quelques exagérations des doses d'alcool dans les verres des invités, Sacha complimente sa soeur vêtue d'une élégante robe verte, au décolleté plongeant et aux bras nus pour faciliter le service. Contrairement à Lori, attentive aux mots de Rowsco, Sacha est très détendu ce soir, tentant des secousses de shakers improvisés et pas vraiment maîtrisés, sans pour autant qu'un dégât n'ait lieu.

Alors que le mâle vante son domaine de Begy ainsi que son vin vendu à l'année au bar de Rowsco, Lori enchaîne les commandes comme une chef et trouve le temps à la fois de flirter avec le barman bleu séduisant et de taquiner son frère sans pour autant le réprimander. Au contraire, la femelle a trouvé la parade. À la vue des cocktails soignés de la jolie grise, dans lesquels aucun élément ne manque et une touche artistique se distingue, le mâle vexé par ses consommations moins attrayantes finit par se botter les fesses pour discuter un petit peu moins et y mettre un peu plus du sien. Ne perdant pas de sa bonne humeur, Sacha frime désormais à chaque nouveau verre qu'il tend aux clients, clairement blagueur et à la répartie facile.

Chacun des invités peut mettre la main sur une petite carte des boissons puisque plusieurs exemplaires se retrouvent sur les deux comptoirs bars et sur chaque table. Cette carte, constituée que de cocktails sélectionnés parmi ceux créés par les invités et l'équipe du bar va comme suit:

Larmes Elfiques, par Leïa She'ôl.
Cocktail à base de blanc pétillant et de sorbet pamplewousse.

Lucky Charms, par Lori Brown.
Cocktail à base de gin, de chartreuse, de jus de citrange et de purée de fruit de la passion.

Potion Magique, par Sacha Crokani.
Cocktail à base de whum brun, crème d'érable et jus de cawotte.

Le Mystic, par Moana Oxss.
Cocktail à base de whum, pulpe de pommelon, citrange et mentholine.

L'Émeraude, par Leona xiro.
Cocktail à base crème de mentholine et de glace légère à la vanille.

Fairy Dust, par Rowsco Hawkeye.
Cocktail sucré à base de liqueur de chocolat, liqueur de pistachacha et cidre de pommelon, surmonté de chantilly au pistachacha.

L'Arc-En-Ciel, par Phoebus Moonlight.
Cocktail à base de curaçao, jus de fraisin, citrange et vodkrabisse.

Peach Sunset, par Lulu sulky.
Cocktail à base de vodkrabisse, liqueur de pêches, jus de citrange et de cranbaies.

Filtre d'amour, par Rowsco Hawkeye.
Cocktail à base de prosecco, vodkrabisse à la fraiboise et jus de cranbaies.

Le Troll Mocktail, par Leïa She'ôl.
Cocktail sans alcool à savourer sans modération à base de mangoyaves, concombres, épinards, huile de tropicoco, lait d'amandin et miel.

Si certains ont des goûts plus particuliers, ils peuvent bien sûr commander un cocktail moins élaboré, mais la grande majorité se laisse tenter par les plus thématiques de la soirée.

Tandis que tous festoient, s'amusent, dansent, s'embrassent et s'enlacent, les horloges parfois trompeuses, parfois réalistes, continuent d'égrener les secondes, les minutes et les heures, jusqu'à ce que, malgré leur course effrénée pour dompter le temps, les deux co-organisateurs retrouvent in extremis les invités pour le compte à rebours final, définitivement en retard cette fois !

- 10... 9... 8...

7... 6... 5...

4... 3... 2...

1...

... BONNE ANNEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!


À l'aboutissement du décompte, sous une pluie de confettis biodégradables, Tom enchaîne avec une douce musique, semblant provenir directement d'un conte de fée... mais non ! En quelques secondes à peine, le métal prend le dessus et les feux d'artifices déchirent le ciel. La première déflagration vient résonner dans les oreilles de toutes les convives qui s'embrassent et se souhaitent du bonheur, laissant une traînée bicolore à travers le ciel noir charbon, à l'abri de toute pollution lumineuse. La suite n'est pas moins impressionnante et ne fait que monter crescendo, Tom ayant visiblement décidé de mettre le paquet pour barioler ce premier ciel de l'an 18. Les couleurs s'enchaînent au rythme des couplets énergiques du groupe qui diffuse à travers de grosses basses dissimulées et accrochées directement à la cime des arbres de la forêt.

La fin de la chanson laisse finalement place à un tout autre registre, toujours aussi concept. Tom calme le jeu, avec des ébats lumineux qui s'élèvent dans la fumée résiduelle, imitant les arbres . Pour ce feu, le woltarien mauve s'amuse avec les teintes et les formes disponibles. Le doré y passe, tantôt crépitant , mêlé à des bruits stridents , tantôt assourdissants.

Le dernier volet de ce spectacle démarre ensuite, lorsque Lys pose l'archet sur les cordes de son instrument pour la deuxième fois de la soirée. Les deux colocataires avaient passé un gros mois à répéter leur prestation millimétrée. Accompagnant le violon qui résonne dans tout le bois, les ondes allant à la rencontre des éléments de la nature, Tom commence avec quelques montées d'explosifs à la verticale, qu'il envoie exploser assez bas dans le ciel. D'abord blanches, puis rouges, les fusées zèbrent le ciel en rythme et les crépitements liés à la pureté de la mélodie ne peuvent que remplir le coeur des spectateurs d'une émotion qui enflamme la cage thoracique. Tout s'accélère ensuite, les déflagrations colorées se mêlent aux fumées sans discontinuer, tandis que Lys interprète aussi justement que possible sa dernière composition toute fraîche en provenance de longues heures à Tropico. Un bleu cyan colore désormais le ciel avant de nouvelles grandes fusées qui s'entrecroisent et des détonations qui reprennent. Un passage plus serein avant une accélération du rythme semble mener vers le final de cette prestation sans fausse note... et puis, finalement, le violon reprend de plus belle, accompagné des feux dans lesquels un coeur discret est visible l'instant de quelques secondes. Tom conclut par un final en apothéose encore une fois riche en couleurs, comme un présage de cette année 18.

30/10/17 #Nouvel An 17-18 - Partie 2




Chacune des tables est ronde et entourée de chaises de bois, assez confortables pour rester assis sans avoir mal au postérieur pour toute la durée du repas. Elles dressent toutes des couverts élégants, rappelant la forêt de par leur couleur. Afin de garder cet aspect naturel, un petit set de serviettes décorées de mousse et de branchages sont disposés sur les tables. Aussi, dispersées en demi-lune, à bons nombres de mètres du rideau fleuri, les tablées retrouvent devant elles une énorme pièce de centre posée sur une surface ronde. Le lustre, solidement accroché à la branche d'un haut arbre surplombant la réception et dont les multiples détails de verrerie captent les éclats des lampions, renvoie de brèves étincelles de douce lumière sur toutes les tables environnantes. Sous lui se déploie un impressionnant assemblage de roses recouvrant toute l'écorce d'un petit végétal dont les fines branches font pendiller des rangs de perles de verre et des tiges ornées de fleurs lilas en tout genre. Tout autour du tronc, des bougies cylindriques font vaciller des flammes fragiles. Mais qu'abrite cet étrange feuillu ? Sur la table, des cartes de voeux personnalisés s'étendent sur toute la surface, signés de Mao et de Suddyn.

Plus près de l'entrée de la salle improvisée se dessine un petit buffet. Sur un écriteau de bois, il est inscrit: « Spécialités à grignoter sans modération au cours de la soirée. » Sur ce buffet de bois, il est ainsi possible de retrouver toutes une variété de cupcakes chaleureusement confectionnés par les bons soins de Leila. On y voit les petits gâteaux à l'effigie de licornes, ceux imitant de petits champis et même, des biscuits en forme d'animaux sauvages, si mignons qu'on n'oserait les croquer. Derrière, toutes alignées en rangées, on peut satisfaire les papilles gustatives avec toute une panoplie de pommes d'amours signées Suddyn. Il y en a pour tous les goûts: au sucre d'orge d'un noir brillant, de même qu'au caramel, assorties d'autres friandises gourmandes, et même trempées dans le chocolat et décorées de délicieuses noix croquantes.

À l'aire des spécialités salées, là où les réchauds sont bien présents, de larges plateaux débordent de bons nombres de petits pâtés. Ce sont les tourtes de nains d'Alanig. Leurs pourtours si adroitement modelés et le doré de leur croûte donnent envie même aux estomacs bien remplis. La délicatesse de la spécialité n'est pas négligée et on le remarque tout de suite lorsque les regards sont attirés vers les délicates branches de romarins aux minuscules fleurs violettes qui agrémentent chacune des tourtes. Et si leurs palets se font rêches, les convives peuvent se délecter d'adorables carrosses de Cendrillon, qui ne sont autre que des veloutés de potirons agrémentés de graines de courges concoctés par Mao. Si l'envie est présente, chacun peut compléter sa verrine avec un peu de maïs soufflé et ainsi donner du croquant à la préparation. Le tout est décoré d'une toute jeune pousse de lierre comestible, touche de fraîcheur.

Ainsi, lorsque les invités passent enfin la frêle pluie de fleurs, ils peuvent apercevoir tout le soin apporté à la décoration du lieu de gastronomie. Si l'oeil est tout de suite ébloui par les fastueuses ornementations et la majesté des bouquets, le regard est vite attiré vers un grand cercueil de verre, ouvert, trônant sur une structure en bois à roulettes.

Un cercueil de verre ?! Vraiment ?! Et même ! Un jeune woltarien d'un bleu cobalt semble paisiblement endormi à l'intérieur... Endormi ou... empoisonné ?! Tenant à la main une pomme d'un rouge vif, à peine croquée, un autre mâle, gris cette fois, se tient aux côtés de la cage de verre, le regard pétillant et un étrange air fier étirant ses traits maquillés.

Il ne remarque pas le moins du monde les invités qui commencent à s'entasser sous le chapiteau de fortune et sautille d'un pied à l'autre en s'efforçant de produire un rire des plus maléfiques, quand soudainement, il s'arrête. Observe attentivement le cercueil. S'en approche. Puis recule. Et s'en approche de nouveau, comme curieux. Sa main passe au-dessus du corps inerte du bleu et ses doigts passent à quelques millimètres de caresser curieusement l'étoffe de son costume, les fins poils de ses moustaches effilées. Le gris, dont la perruque de fleurs est imposante, comme pris d'un soudain élan de passion, se penche vers le visage endormi et... se relève prestement, se raclant la gorge. Après une grimace de mécontentement, il retire sa perruque fleurie pour en sortir une, du fin fond d'une de ses poches, à la tignasse de poils noirs, qu'il pose sur sa tête et se met à peigner de ses doigts masculins, un sourire satisfait ornant cette fois ses lèvres. Il époussette son costume et se penche de nouveau, dangereusement cette fois, vers le mâle bleu. Leurs lèvres se scellent presque en ce qui aurait pu résonner comme un grand smack! bruyant si Suddyn n'avait pas choisi ce moment pour ouvrir un oeil, puis l'autre, et repousser vivement son acolyte en riant aux éclats.

- Ouaiiiiiis... naaaaaaan... on a com-plè-te-ment craqué, mon vieux !

Le grand mâle tente de s'extirper, difficilement, du cercueil et, à la verticale, rejoint le gris, qui a de nouveau remplacé sa perruque par le couvre-chef de fleurs. Ce dernier asticote ses moustaches, teintes de multiples couleurs pastels pour l'occasion, et ajoute:

- En même temps... que serait une forêt enchantée sans conte de fée ? Sans... Sa voix se fait mièvre et Mao forme de gros guillemets avec ses doigts:
« Ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps »... c'est thématique, non ?

Suddyn fait mine de réfléchir et attrape un fraisin de la grappe qui trône nonchalamment sur sa tête. Le croquant, ses yeux se posent sur les invités, qu'ils détaillent comme s'il ne les avait encore jamais vus.

- Hmmmm... Difficile à dire, Tweedledee. Je n'ai encore vu aucune princesse enfermée dans une tour dans cette forêt et pas un seul mec habillé tel un prince charmant. Sans parler des kirks qui sont carrément inexistants... non ?

- N'empêêêêche... ça aurait été toooop ce p'tit numéro. Ce n'est qu'à ce moment que Mao semble s'éveiller à son environnement et découvrir les convives qui ont, à présent, tous rejoint leurs chaises. Un sursaut exagéré indique qu'il est stupéfait de leur présence. « Par Pala ! Vous m'avez fait peur ! La politesse veut que l'on cogne avant de pénétrer chez les gens, non mais ! Qui vous a donc invité à entrer ?! Hmmmm ?! »

Le jeune cuisinier gris a ensuite un regard furtif, mais insistant, vers son compagnon de cuisine pour tenter de lui faire comprendre que... pardi! il aurait pu le prévenir !

Suddyn ricane du bout des lèvres au jeu de rôle que s'efforce de faire son ami gris et lui donne un petit coup de coude dans les côtes.

- Cesse un peu de faire ton vieil hurluberlu grincheux, on a un menu à présenter ! Il adresse un taquin clin d'oeil aux invités et tend la main devant lui:
« Je vous invite à prendre entre vos mains la petite carte indiquant les différents services. Comme chaque année, nous vous présentons, Mao et moi, un menu cinq assiettes. »

- Pour débuter l'entrée, vous trouverez dans vos assiettes des fleurs de zucchinis farcies à la burrata et salsa de magoyaves et tomates. Vous serez ensuite invités à manger une légère salade de duo de bettarates et chèvron. Puis, vous devrez faire le choix entre un baluchon de pâte feuilletée aux crevettes et brie ou celui empli de légumes frais et de fêta.

- Comme plat de résistance, deux nouveaux choix s'offrent à vous. Vous pouvez opter pour le sifflaumon à la sauce vierge et ses pousses et fleurs délectables ou encore pour les mignons de zoitate sauce porto, têtes de violons et champis sauvages. Ces deux plats seront tous deux accompagnés d'oignons rouges rôtis en fleurs de lotus. Comme dessert, de délicieuses verrines de mousse au chocolat blanc à la mentholine vous attendent sagement au frais et vous pourrez les accompagner de...

- De petits champis meringués et sucrés complètement inoffensifs. On ne peut pas en dire autant de ceux qui parsèment, peut-être, pour l'occasion, les sols de la forêt enchantée...

Sur ces quelques mots, les lèvres du jeune gris s'étirent légèrement en un sourire, comme amusé de sa propre blague, à moins que ce ne soit en raison du regard complice qu'il lance en direction de Suddyn... Et alors que tous pensaient pouvoir passer à table après l'énonciation du menu, Mao les retient encore un peu en prenant une grande inspiration.

- Suddyn et moi voulions également profiter de cette soirée pour vous annoncer une grande nouvelle... Nous allons nous fiancer !!! lance-t-il tandis que les prunelles de Suddyn prennent la forme de deux grandes soucoupes.

Les doigts du gris viennent prestement saisir ceux bleus vifs, mais un regard noir et un rapide mouvement du bras, destiné à les dégager, de la part d'un Suddyn à peine rougissant calment Mao qui était parti dans un fou rire incontrôlable.

- Non, non, pardonnez-moi, mais c'était beaucoup trop tentant ! Plus sérieusement, d'ici quelques mois...

[- Mao et moi allons ouvrir notre restaurant !

Le jeune cuisinier bleu s'empresse cette fois-ci de prendre les devants, comme par crainte que Mao ne s'éternise ou ne raconte encore une autre connerie, ce qui amuse beaucoup ce dernier, qui ne s'en vexe pas du tout, au contraire.

- Et nous vous y attendrons hyper nombreux ! Sur ce, bon appétit !

- Bon appétit !

Puis, alors qu'ils partent vaquer à leurs occupations de cuisiniers, le woltarien bleu élancé s'arrête et se retourne vers les invités, fixant Sacha et Honey avec un sourire en coin. À mi-voix, il chuchote à son ami:

- Mais voyons, Mao ! Plus besoin de chercher ! Notre couple qui vécut heureux jusqu'à la fin des temps, on l'a droit devant nous, tu vois bien... fallait pas se casser la tête et chercher 100 ans...

Alors que les invités festoient, profitent du banquet qui est à se damner, Haïmi quitte son cavalier Owen, sans un mot...
Lorsqu'il l'aperçoit, elle l'invite à ne rien dire d'un signe de l'index posé sur ses lèvres pulpeuses et s'échappe en toute hâte.

Quelques instants plus tard, les projecteurs de la scène s'allument d'un bruit sourd et solitaire. Les regards se tournent sans plus attendre vers cette dernière avant de découvrir Haïmi, toujours vêtue simplement; son veston à manches longues ocre et orné de pierres runiques finement taillées sur les épaules, elle commence à parcourir la scène, foulant le sol, sur la pointe des pieds, décorée de neige artificielle. Sans plus attendre, la musique au doux son cristallin, oeuvre du célèbre compositeur de l'ombre Carenath de Pern, et revisitée pour l'occasion dans sa version woltarienne, débute son ascension.

Le rideau, qui s'était retiré au fur et à mesure qu'elle se déplaçait, fait finalement apparaître un zoitate singulier sur un perchoir en bois.
La jeune elfe Haïmi s'extirpe sans regret de sa veste qu'elle jette sur une chaise non loin de son arc d'enfant, alors que son sourire naïf et délicat se dessine sur ses joues à la vue de son amie céleste.

Elle vient parcourir ses plumes dorées et entremêlées du bout des doigts et entame avec une douceur inouïe le chant de son enfance. Ses caresses font frissonner l'animal qui ouvre ses ailes avant de s'élever dans les airs tournoyant au gré du vent de la forêt autour de sa maîtresse adorée.

Haïmi virevolte élégamment, ses mains non loin de son coeur, ses pas chassés parfaitement calculés accompagnent son office au-delà d'une simple chorégraphie. Elle chante la nostalgie, la joie de l'innocence, les sentiments d'amour qui se sont échappés au fil du temps, l'histoire d'un père disparu trop tôt...

Je me souviens, il me semble,
Des jeux qu'on inventait ensemble...


Lorsqu'elle touche son carquois posé sur la table de chevet, d'autres images lui revinnent en mémoire, projetées sur le fond de la scène, s'évaporant tels des mirages en une poussière dorée s'envolant dans le lointain de l'oubli.

Je retrouve dans un sourire
La flamme de mes souvenirs.


Envoûtée par l'ivresse des jours passés, Haïmi sourit et s'arrête face au public, les bras vers le ciel attendant un présage. C'est alors que des hologrammes savamment représentés surgissent de nul part et viennent accompagner sa prestation, dansant autour des invités sans jamais les toucher. Certains tendent les mains pour les saisir tellement ils paraissent réels, d'autres se lèvent et débutent à leur tour une valse lente et élancée.

Haïmi dont la robe d'une blancheur immaculée découverte sous sa veste salue modestement les elfes de son passé ainsi que ses amis qui se sont donnés la peine de se lever. Tournoyant avec élégance, les pans qu'elle saisit l'accompagnent dans sa danse légère aux couleurs de l'hiver.

Sur l'estrade qu'elle a quittée, son père lui tend la main. Emplie de joie et d'incertitude, Haïmi l'effleure avant de s'adonner à des pas méticuleusement soignés, dansant pour la dernière fois avec celui qu'elle ne reverra plus jamais...

Apparaissant soudainement, Nate fait tourbillonner sa partenaire une dernière fois, sa somptueuse robe s'enroulant et se déroulant autour d'elle comme une gracieuse paire d'ailes. Plongé dans leur danse improvisée, il prête néanmoins un soin tout particulier à ne pas marcher sur les plumes de flammes bleutées qui frôlent le sol tout en langueur, courbant l'échine d'une dernière révérence princière alors que la mélodie et son chant s'achèvent, que les illusions disparaissent aussitôt, de même que les souvenirs.

- Mesdames et Messieurs, merci de faire une assourdissante ovation à ma chère amie de si longue date, qui m'a fait l'immense honneur d'accepter de venir se produire ici et devant vous ce soir... La lumineuse Haïmiiiii Maaaaaaleeeeeeey !

Nate applaudit avec ferveur, les mains levées bien haut au-dessus de sa tête, le bruit de ses clappements de mains totalement absorbé par ceux du reste du public. Ils échangent un regard complice puis Haïmi termine modestement sa prestation par une révérence à l'assemblée avant de quitter la scène, emportant hâtivement avec elle, le miroir de sa table de chevet, présent du défunt, sans un regard supplémentaire vers le passé.

D'un geste tendre, il enlace la taille d'Emavina qu'il rapproche de lui. Oubliant complètement de désactiver le micro greffé au revers en pointe de sa veste soyeuse, on entend sa voix sourire :

- Quant à toi... Si un jour on se marie, il va falloir raccourcir la robe ou reprendre les entraînements de valse !

Un mince sourire mystérieux étire les lèvres de la violette et son regard pétille brièvement d?amour et de malice, tandis que le commentaire reste sans réelle réponse et qu'elle enchaîne plutôt à l'intention de tous les invités:

- Maintenant, si le repas ne vous a pas plu, sachez que ce n'est nullement ma faute... pour une fois ! Elle éclate d'un rire franc, reconnaissant ses piètres talents en cuisine, avant de faire un clin d'oeil fripon aux deux cuisiniers qu'elle connaît bien.

Le duo de choc se sépare un moment pour voguer de tables en tables, s'assurant que tout se passe bien pour tout le monde. Nate en profite pour user encore de son amour pour le feu, jouant de ses connaissances scientifiques pour enflammer le bout de ses longs doigts qui viennent pincer les mèches des bougies éteintes par le vent et dont la flamme renaît aussitôt. De son côté, les invités les plus curieux invitent Ema à tournoyer sur elle-même et cette dernière s'exécute chaque fois, les flammes crépitantes de sa robe s'intensifiant à chaque remous de la brise dans les plumes magiques.

À la fin du copieux festin pour créatures magiques, quelques ombres elfiques voilent la piste de danse, quelques secondes avant que la musique ne prenne possession de toute la forêt. Dès les premières notes, les invités reconnaissent les sonorités d'une traditionnelle danse aux origines très lointaines, si lointaines qu'elles sonnent encore comme un mythe. La petite troupe de tap dance débute sa chorégraphie selon une gestuelle et une allure propre à ce style : le corps très droit, avec peu de mouvements de bras souvent très raides, tendus le long du corps, légèrement tirés vers l'arrière, poings serrés. Les cabrioles de jambes s'enchaînent, calquées sur d'harmonieux sauts d'amplitude et de synchronisation parfaites. Rigoureux. Rapides. Précis.

Et sous le dernier franc claquement de talon, un épais nuage de fumée obscurcit l'arrière de la piste de danse. Un boulier immense lustré de boiseries et arabesques dorées traverse le mur de brume, recelant en son ventre 99 pièces d'or numérotées. Le triptyque mit en jeu cette année fait le triple d'une toile standard et prend une place non négligeable aux côtés des deux co-organisateurs qui invitent prestement l'artiste de l'événement à les rejoindre sur scène.

- Merci d'accueillir un graffeur de talent originaire de Vésén et avide de liberté : Seanàn Riska !

Le jeune artiste-peintre fait son apparition dans une tenue bien loin des standards habituels qu'il chérit tant, encore hilare de son effet de surprise.

- Je sais que certains attendaient avec impatience cette nouvelle loterie... débute Emavina, avant de se faire couper par son acolyte de toujours.

- Parce que cette année, pas d'Elyadès Naé dans le coin pour raffler tous les bistickets ! Hahaha ! plaisante-t-il de bon coeur sur son amie stasée, mais ses prunelles se voilent tout de même d'une éphémère lueur de mélancolie presque aussitôt chassée par le live de l'instant. « Hé bien nous y sommes ! Mes amis magiques, c'est le moment pour vous de croiser vos moustaches ou commencer à réciter vos incantations d'appel à la chance, parce que c'est parti ! »

Et le seul bruit qui résonne à cet instant, c'est celui du jackpot. Gling gling gling. Les pièces se fracassent les unes contre les autres dans une roue infernale. Le mélodieux et caractéristique chant d'un trésor emplit toutes les oreilles, des couchées jusqu'aux grandes, pendant que les numéros gagnants se succèdent sur le grand écran de l'arrière-scène : 27 - 65 - 16 - 64 - 8 et le numéro complémentaire 3.

Tout le monde retient son souffle quand enfin, le nom du grand chanceux de cette loterie du Réveillon de l'an 18 s'affiche en lettres capitales, énoncé dans une exclamation de surprise par les deux maestros en chef :

- ITACHY-_- VAMPIRE !!!

Nul besoin de réclamer la venue sur scène du photographe puisqu'il s'y trouve déjà, dans un angle de retrait, près à mémoriser ce nouveau grand axe de la soirée. Nate éclate de rire face au hasard de la situation puis se rapproche du woltarien pour lui chiper son précieux objet, glissant un oeil émeraude derrière l'encadré transparent avant de mitrailler sa cible tout du long de la remise de son présent ; là, il y aurait au moins une photo-souvenir potable dans le lot !

Seanàn remercie les convives pour leur participation au concours organisé par Nathanaël et Ema avant de tendre le tableau peint pour l'occasion au vainqueur de sa toile, l'air taquin :

- J'espère que t'as un grand mur chez toi parce que j'ai p'têtre vu un peu... grand, j'avoue ! Ceux qui m'connaissent savent que si j'ai choisi de m'éclater dans la rue plutôt que dans un atelier tout mignon, c'est parce que comme tous les graffeurs, j'aime les "GRANDS" espaces pour partager mes coups d'coeurs et mes envies du moment alors j'espère qu'il te plaira !

Et pendant que le petit veinard se demande encore comment il va pouvoir embarquer cette oeuvre chez lui, que le boulier géant regagne lentement les coulisses, quelqu'un s'y prépare encore.

Lorque Haïmi revient sur scène, l'innocente elfe s'est envolée. A présent farouche et courageuse, la jeune adulte arbore une chevelure bien plus longue marquant son âge mûr pour se marier. La neige qui arbore encore l'estrade, ne laisse aucun doute possible. Les saisons se sont inlassablement écoulées, se répétant sans que rien ne change à part elle...

Telle une guerrière au coeur aguerri, elle fait face aux invités, le visage beaucoup plus assuré, le regard distant et froid, les poings fermés et les jambes espacées, prête à se battre contre quiconque la défient. Sa tenue composée de toiles émeraudes et brodées, accompagnées d'une tunique brune à écailles de dragon, vient compléter le portrait de notre aventurière.

Il n'y a plus aucun son, tous se taisent face à son charisme et à cette posture résolue. Un sourcil arqué, les yeux fuyant d'un bout à l'autre des invités, elle finit par leur accorder un sourire amusé et ses yeux s'illuminent d'un éclat nouveau.
Sa soeur Alicia déboule comme une furie se frayant un chemin dans la foule avant de lui lancer son instrument Ô combien nécessaire !

Profitant de la diversion occasionnée par Alicia, elle s'équipe de sa vielle à roue et son concert commence enfin.

Lentement mais sûrement, l'instrument résonne, Haïmi tourne la manivelle de sa main droite avec une expérience indéniable alors que les doigts de sa main gauche parcourent le clavier pour prodiguer un son encore inconnu aux oreilles de la majorité des spectateurs. Loin de la caresse envoûtante de la première musique, elle leur offre une escapade vers le périple qui s'annonce à elle, loin de son royaume, loin de sa mère, et loin de ce qu'elle fut jadis.

Rythmée, soutenue et indéfectible, la mélodie emporte les esprits, leur donnant envie de se laisser aller, de vivre un rêve, et de se joindre à elle en tapant dans leurs mains.

La voix plus grave, vaillante et affirmée d'une Haïmi résolue surplombe la cadence mélodieuse de l'instrument. Il n'est plus question de danser avec entrain en savourant toute la place allouée avec un tel appareil, mais de tout miser sur le regard et l'expression de son visage. Sa maîtrise lui permet tout de même d'onduler de droite à gauche afin d'accompagner son oeuvre, tandis que les invités se donnent déjà à une danse effrénée aux allures étrangères telle que la gigue.

J'ai vu beaucoup d'hommes errer,
Tous forts, braves et vifs,
Je les ai vus s'élever en dirigeants,
Mais moi, je rêve d'autres sillages.


Telle une pièce de théâtre, Haïmi rend son spectacle vivant et immergeant, elle se perd sans mal dans son personnage qu'elle incarne à la perfection. L'ivresse du voyage à venir, les contrées à découvrir, les combats à mener, il ne lui en faut pas davantage pour vouloir définitivement quitter les contrées qui l'ont vue grandir.

Complice, elle s'abaisse vers les spectateurs qui reprennent leur souffle au bord de la scène, poursuivant son récit :

Ne le dites à personne,
Que cette nuit je m'en irai,
Et le jour où je reviendrai,
Je serai un héros !


Puis elle reprend sans cesser, s'affirmant de plus bel telle une lionne qui sortait enfin ses griffes face à l'adversité et aux règles imposées.

Je suis prête à me perdre,
A laisser tous les fardeaux à cette terre,
Pour trouver ce que j'attends depuis bien trop longtemps...


Son chant se clôture sur une note basse et longue qu'elle accorde avec justesse à son instrument de musique. Dans la foulée elle échange rapidement à un faux marchand sa vielle à roue contre deux dagues, l'arc et le carquois maintenant beaucoup plus grands, viennent s'ajouter à sa tenue.

Le regard féroce vers l'horizon, les mains armées à l'avant et à l'arrière de ses précieuses lames, légèrement accroupie et stable,
elle est fin prête.

Le rideau se referme sur elle avant que les applaudissements ne viennent vivement accompagner son départ.

Au cours de la semaine précédant le Réveillon, Emavina et Nathanaël avaient lancé l'ouverture des votes qui allaient élire à la majorité le couple de l'année 17. Ce couronnement, d'une nature universelle, faisait probablement trépigner d'impatience ceux qui s'étaient investis dans une quelconque campagne, explicite comme implicite, pour décrocher le fameux sésame.

Ayant conservé la fameuse montre à gousset dans l'un des replis cachés de sa fastueuse robe, la belle violette se tient seule, debout devant tous, et pour une nouvelle fois, elle regarde l'heure avec attention.

- Eh bieeeeen... apparemment, mon petit Tigrou a quelque chose de mieux à faire que de venir élire avec moi notre fabuleux couple de la soirée... que dis-je ! de l'année !

Son sourire dévoile ses la blancheur de ses dents, tandis que ses doigts se rejoignent en genre de pyramide devant elle et pianotent les uns contre les autres.

Soudain, un nouvel éclair de feu jaillit à ses côtés et l'apparition spontanée de son alter-ego la ravit.

- Put... Nate ravale ses cordes vocales et tourne sept fois sa langue dans sa bouche, se devant de garder encore un minimum de sérieux et de contenance. « Python. Python ! Python que j'vais vraiment commencer à m'habituer à ce truc, moi ! »

Il se marre.

- Tu es en retard, lui signifie Emavina sur un ton de fausse réprimande.

Un petit rire secoue encore le torse gainé du pompier, qui lève un index vers sa belle et dont la phalange distale est encore léchée d'une flamme au déhanché ensorcelant, pour marquer un fictif temps de pause.

- Un magicien n'est jamais en retard, Maevika Nipnati, ni en avance d'ailleurs. Il arrive précisément à l'heure prévue, déclare du tac-o-tac Tronhaldë le Orange tout en soufflant sur sa bougie de doigt avant de partager un sourire complice, tout fier de sa répartie, avec les invités chez qui sa réplique a trouvé l'écho souhaité. Quant à Emavina, elle guette sa montre avec un haussement d'épaules. Aucune des horloges présentes à la soirée ne semble indiquer la bonne heure ! « Et, sans plus attendre, les Couronnés de cette année ne sont autres queeeeeeeeee... »

- WELLAN ET DROOPY !!! s'écrient Emavina et Nathanaël d'une même voix.

Sous les fulgurantes salves de l'auditoire, les élus sont appelés à les rejoindre et c'est ainsi qu'Emavina s'avance pour poser avec délicatesse le fragile couvre-chef elfique entre les oreilles du policier violet et que Nathanaël fait de même, sacrant son altruiste partenaire.

Avant qu'ils ne cherchent à s'enfuir, les couronnés sont doucement guidés sur la piste de danse par leurs deux amis organisateurs afin d'officiellement l'inaugurer. Et dès que la musique transperce les hauts-parleurs, un extrait de l'hilarité bienveillante de Nathanaël se fond à la voix de la chanteuse avant que quelqu'un ne lui éteigne pour de bon ce micro de malheur.

Dès la fin du slow improvisé, les lumières de la piste de danse s'éteignent quelques instants avant de se rouvrir toutes à la fois pour dévoiler, une ultime fois, Haïmi qui revient sur scène raconter le dernier épisode du périple de son héroïne. On la voit surgir de l'ombre, une brume légère venant accompagner le mystère qui s'est installé autour de son personnage de retour après si longtemps sur ses terres natales...
On ne peut alors discerner que sa fourrure rousse et quelques traits de son visage sous la capuche noire aux liserés dorés qui bordent son costume.

Un sourire accompli métamorphose la tranche de visage que l'on aperçoit. Elle se sépare élégamment de son accoutrement de pèlerin, d'un mouvement de tête en arrière, faisant ainsi tomber les masques.
La belle elfe a pris du poil de la bête, sa crinière rousse est à présent composée de flammes rougeoyantes et vives qu'elle contrôle par sa volonté de par quelques artifices secrets.

De ses mains aux doigts de fée, elle vient délier le cordon qui maintient toujours sa toge sur son corps gracile, la laissant tomber à même le sol, telle une mue dont elle se sépare avec plaisir.
Elle s'exhibe alors dans une robe aux couleurs chatoyantes, intenses dont les dorures s'apparentent à des racines profondément ancrées dans les plis de la soie, d'or et de cuivre.

Une porte majestueuse en bois ciré statue au milieu de la scène. Elle hésite un instant avant de la franchir, est-il encore temps de faire demi-tour ? Elle la pousse enfin de toute ses forces et la traverse d'une marche conquérante jusqu'à retrouver le milieu de la scène où un micro l'attend déjà.
Avant de commencer, elle accorde un clin d'oeil discret à sa soeur qui sera plus qu'heureuse d'entendre ce qu'elle s'apprête à interpréter en dernier lieu.

Un elfe serviteur vient lui apporter sa guitare. Fidèle à sa propriétaire, cette dernière est customisée d'un design innovant et original.

Elle se lance tendrement, racontant d'abord d'une voix posée et sereine les méandres apparus lors de son retour à la cour. Sa mère et ses courtisans, toujours les mêmes, défilent en arrière plan, la dévisageant comme si elle n'est plus rien aujourd'hui.
Elle jette finalement sa guitare dans les bras d'un porteur caché non loin de sa prestation, retire avec fermeté le bas de sa robe, laissant découvrir un jupon plus propice à la danse, et enchaîne sur des mouvements de dissuasion, similaires au début d'un combat, à l'encontre de ceux qui ont toujours voulu la manipuler. Elle fait alors bouger son corps sur place de bas en haut comme pour se chauffer avant le premier round.

Tout comme un feu, brûlant tout le long,
Si je pouvais enflammer le monde juste une fois !


Jouant avec le micro, elle n'hésite pas une seconde en le penchant violemment montrant son mécontentement à son monde hypocrite. Relevant la tête avec ardeur, elle pointe du doigt au loin, le feu de la rage consumant ses yeux verts. Ses mouvements brusques et rapides viennent se juxtaposer au rythme soutenu et plus brusque de son morceau. Lorsque le calme reprend l'ascendant, elle met davantage l'accent sur son interprétation théâtrale, dévorant frénétiquement la moindre peur qui peut encore l'assaillir.

Personne ne peut être comme moi de toute façon,
Tout comme la magie, je vais voler librement.


Les poings se lèvent à l'unisson dans le public, alors que d'autres sortent leur briquet pour donner plus de force à son pouvoir, l'incitant à mettre le feu une bonne fois pour toute. Haïmi ne se retient plus une seule seconde, et parcourt la scène représentant son royaume tel un animal sauvage en cage avide de représailles.

Contre toute attente, elle change totalement de façon de chanter et enchaîne sans broncher sur un rap saccadé et provocateur Vésénien ce qui lui vaut de multiples acclamations d'étonnement et de ravissement. À présent face à sa mère qui a accepté de jouer le jeu, elle lui déballe sans sourciller :

So look I came here to run it,
Just 'cause nobody's done it.
Y'all don't think I can run it,
But look, I've been here, I've done it !


Elle reprend le refrain déjà bien imprégné dans les esprits, avant de se tourner hostilement vers la cour qui l'a rejetée. D'un côté, Haïmi et son père, revenu une ultime fois pour la soutenir, et de l'autre, sa mère et sa pernicieuse assistance. Dans une dernière vocalise, elle accentue ses paroles.

Just like fire,
Run it, run it, run it !


Leur conseillant de prendre leurs jambes à leur cou, les acteurs reculent d'un pas, s'apprêtant à un assaut violent, et voient l'elfe guerrière brandir un feu ardent et crépitant de sa main droite. Elle s'approche d'eux à pas de loup jusqu'à sortir de la vue des spectateurs en répétant ses paroles le tout honoré par les voix de tous ceux qui ont suivi avec dévotion l'histoire de la future reine des bois embrasés : Haïmi Maley.

Ils reviennent tous sur scène pour finalement clore le spectacle et saluer les invités, libre d'investir les lieux à leur guise jusqu'à l'heure fatidique.


30/10/17 #Nouvel An 17-18 - Partie 1



Quelques matins précédant la journée du 30/10/17, les invités à la soirée du Nouvel An avaient reçu une étrange correspondance. Sous forme de billet se présentait un petit bout de parchemin jauni et épais, à l'apparence usée. En son haut coin gauche, un trou avait été percé et un ruban d'un vert forêt avait été passé dans l'ouverture. Ce ruban retenait nonchalamment une toute petite clé incrustée de motifs et reliefs intriguant et mystérieux. Toutefois, ce qui avait été d'autant plus mystérieux, c'était le parchemin... vide. Il n'y avait aucune écriture pour le maculer, aucun symbole griffonné et même, aucun chiffre pour le tacher.

Si les invités les plus curieux avaient bien inspecté la clé, ils avaient pu trouver deux minuscules mots gravés sur deux des dents du passe-partout : « Au Feu ». Et si les plus audacieux avaient approché d'une flamme leur courrier inusité, ils avaient pu lire:

« Voici votre carton d'invitation pour le Réveillon de l'an 17-18.

Vous êtes chaleureusement convié(e) à la fête vêtu(e) d'une tenue chic et de circonstance.

Pour nous rejoindre au coeur des festivités le 30/10/17, il vous faudra vous rendre aux abords de la forêt, à l'entrée sud, et emprunter le sentier marqué d'un écriteau qui vous indiquera le chemin à suivre.

À très bientôt,
Vos hôtes de la soirée,
Tronhaldë Wand & Maevikã Nipnati. »

Ceux qui n'avaient pas réussi à découvrir l'énigme ou qui n'avaient simplement pas cherché avaient pu remarquer qu'au bout de quelques jours, une écriture aux angles celtiques apparaissait, pâle, presque blanche, à la surface du parchemin, découvrant ainsi le contenu de la dépêche mystérieuse. Au verso, aucune adresse explicite, aucune coordonnées GPS, juste une carte d'aventurier schématisée retraçant les reliefs urbains et ruraux de la grande capitale ponctuée d'une épaisse croix rouge entourée au point de rendez-vous prévu.

[ * * * * * * * * ]

En cette fin d'après-midi du 30/10/17, quelques invités envahissent déjà la zone géographique indiquée sur l'invitation. Si certains mettent un point d'honneur à s'orienter uniquement grâce à leur précieuse carte, d'autres profitent du progressif attroupement de foule pour se laisser guider par les plus audacieux.

On peut retrouver au départ du sentier l'écriteau indiqué dans l'invitation qui observe sagement les convives parés de leurs plus belles tenues défiler devant son nez pointu, longeant le chemin verdoyant à ciel dégagé en plus franche direction de l'orée du bois. Une centaine de pas plus loin, une rivière sillonne paisiblement au pourtour de la forêt et l'habituel pont de pierre, verdi de mousse et rongé de lichens roux déployé entre les deux rives et qui fait le lien entre la réalité et l'enchantement, semble érigé par Dame Nature elle-même. D'épais troncs plus vrais que nature soutiennent solidement sa structure aux marches d'escalier circulairement ciselées et aux rampes boisées. Certains détails, pourtant subtils, n'échapperont pas aux invités les plus méticuleux et fascinés qui sauront remarquer que les racines torsadées ne sont pas tout à fait les mêmes d'un côté à l'autre du ponton, les unes présentant quelques lettres d'or très discrètes et comme gravées dans le bois formant l'intitulé "Dowen", les autres révélant le nom de "Jonson". Elles semblent comme des doigts entrelacés qui relieraient deux mondes parallèles; deux univers.

Une fois la construction franchie et après avoir traversé quelques mètres dans le labyrinthe enchanteur des sentiers, on tombe sur la belle et pétillante Mélissandre Spyrox qui investit une petite scène de bois improvisée, recluse entre deux arbres, pieds nus et vêtue d'une robe de couleurs sombres, marron et verte, qui rappellent sa connexion à la nature, telle une rennelle dont les bois seraient recouverts de longues herbes.

Autour d'elle, les jeux de trappes et les mécanismes cachés renferment bien des secrets. Les arbres, parlons-en : à voir ses pirouettes et suivie par quelques silhouettes animales dansantes et volantes, démontrent très vite qu'on peut passer au travers. Quant aux lumières, elles changent, s'éteignant parfois tout à fait, laissant flamboyer les éclats des soleils couchants au-dessus d'elle et dans les yeux des spectateurs émerveillés par les vrais tours de magie qui rythment le spectacle.

On peut parfois apercevoir ses longs doigts frôler la végétation environnante juste avant de voir apparaître quelques pousses nouvelles et fleuries sur son passage, égayant l'atmosphère tel un joli conte de fée. Il avait ensuite suffi d'un claquement de doigts à peine perceptible dans les airs pour qu'apparaissent ici et là, l'illusion de parterres de fleurs chatoyantes, égayant les chaudes températures estivales du moment. Bientôt rejointe par quelques compagnons poilus courant autour d'elle pour distraire l'assistance dans un bruissement de petits cris adorables, la magicienne se retrouve très vite entourée de petits animaux de la forêt de toutes espèces, dont de mignons lièvres fruitiers, tandis qu'elle s'amuse à user de son adresse pour l'empalmage (manoeuvre qui consiste à garder un objet caché à l'intérieur de la paume de la main) afin de sortir quelques confettis des poches des vestons ou des rubans multicolores des oreilles, sous l'oeil amusé de son public.

Soudain une petite voix de jeune adulte curieuse résonne dans l'assistance :
« Dites Madame, vous pouvez changer des légumes en carrosse, comme dans "Cendrillon" ? »

Qu'à cela ne tienne ! Apparaîtront alors des êtres étranges faits de mousse tenant dans leurs mains quelques lampions aux couleurs acidulées. Ils étaient là depuis le début, mais on ne les voyait pas.

D'un geste gracieux de la main, l'enchanteuse provoque alors une légère brise dans l'allée de sièges devant elle avant de poser l'aubergine tendue par un membre du staff sur le sol, bien à la vue de tous.

Après un dernier clin d'oeil complice à l'assistance, la femelle vert d'eau tend ses bras frêles tout en prononçant des mots et sons incompréhensibles à l'attention du légume inerte. Lentement une brume orangée s'élève du sol, faisant disparaître le végétal du même ton et lorsque celle-ci se dissipe quelques secondes plus tard, c'est pour exaucer le voeu exprimé sous le regard estomaqué de l'assistance.

Mélissandre s'était mise à rire avant de saluer son public dans une rapide révérence. Elle lâche encore à l'attention des plus sceptiques, tandis qu'autour d'elle disparaît peu à peu le décor enchanteur de sa prestation :

- N'oubliez jamais que "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme", comme le disait une vieille amie à moi !

Dans un nuage de flammes sorties de nulle part, une grande silhouette guindée se métamorphose aux côtés de la chamane, la dissipation de la fumée laissant petit à petit entrevoir son costume de soie cintré, indéniablement signé par la styliste Ayleen Althor, luisant d'une teinte vert forêt qui transcende son regard smaragdin d'une touche de malice encore plus perçante. À ses côtés, une silhouette féminine se dévoile complètement lorsque les derniers crépitement de flammes s'évanouissent. Vêtue d'une majestueuse et imposante robe qui définit sa petite taille, la violette arbore un air plus que surpris, comme si elle ne s'était pas elle-même habillée. Elle observe, d'un regard émerveillé, ses mains et bras ornés d'une étoffe brillante, soulève les pans de sa robe plumée en caressant le tissu distingué et original, avant de s'émouvoir discrètement du flamboiement bleuté qui enflamme l'impressionnante traîne de sa tenue. Sa marraine la bonne fée et meilleure amie a définitivement pensé les moindres détails en lui confectionnant cette toilette faisant allusion à son symbole spirituel; le phénix.

- ABRAKAZAM ! s'exclame le magicien à la voix enjouée et familière, que tout le monde reconnaît par le dérivé de formulation qui s'ensuit : "Et bien le bonsoir ma belle Sétia !"

D'un glissement de pas sur le côté, ses bras se balancent puis se figent souplement en direction de la woltarienne à sa droite, tandis qu'Emavina retrouve ses esprits et salue la foule d'invités d'un petit clin d'oeil.

- Et un tonnerre d'applaudissements pour l'incroyable et pas des moins mystérieuses... Mélissaaaaaaaandre !

Nate et Ema se joignent aux frappements de paumes de mains et lorsque le brouhaha retrouve une tonalité acceptable, il reprend la parole suffisamment fort pour que chacun puisse l'entendre. L'organisatrice, quant à elle, semble se préoccuper de l'heure et fouille la petite poche du veston de son compagnon pour en sortir une montre à gousset dont elle s'empare et s'empresse d'ouvrir dans un clic! sonore.

- Vous l'avez compris, la soirée commence ici... Mais il vous reste encore à rejoindre le coeur de la Forêt Enchantée qui vous accueillera le temps d'une nuit, gorgée de magie pour ce Réveillon de l'An 18. Alors, à tous, soyez les bienvenus et ouvrez bien grands vos yeux... Parce que vous n'avez pas fini d'en voir !

Il hausse espièglement des sourcils, un sourire énigmatique scotché d'une grande oreille rose à l'autre. D'un petit coup de tête vers l'arrière, il indique à la première rangée de convives l'étape suivante.

- Et ne soyez pas en r'tard... Parce qu'on vous attend quelque part !

Sur ces mots, il frotte vigoureusement ses paumes l'une contre l'autre jusqu'à ce que l'excès de chaleur ne provoque un semblant de quelques sillons de vapeurs de fumées qui filtrent d'entre ses doigts collés et qu'une très épaisse gerbe de flammes ne jaillisse de l'écartement de ses grandes mains, matérialisant un rideau de feu qui s'évapore en quelques secondes. Les organisateurs avaient disparus. À leur place, un couple de lièvres fruitiers grignotent tranquillement l'infini tapis de verdure, avant d'être précautionneusement recueillis par les bras de Mélissandre.

Ainsi, camouflés par les arbres alentours, installés sur un chemin de galets plus large, se trouvent les autres carrosses dont s'occupera Owen Bon. En ce moment, le woltarien assigne déjà, dans un rigoureux système, les sièges dans les navettes quémandés par les invités. Derrière lui sont donc, soigneusement alignés, des carrosses dignes des contes de fées les plus élaborés. Du doré aux formes rondes et aux moulures travaillées aux plus anciens avec marchepied royal et statuettes, la recherche avait été minutieuse pour que les véhicules décoratifs se mêlent avec goût à la nature verdoyante et enchantée.

En plus d'être décorativement distingués, Owen leur avait ainsi réservé une utilité. Comme prévu, le jeune homme est chargé de transporter les invités de l'orée de la forêt jusqu'à la place des festivités, au crépuscule actuel puis à l'aube du jour prochain, se dévouant même à les déposer jusqu'à chez eux dans ce moyen de locomotion insolite. Aussi, il avait également prévu quelques choix plus funkys, de différentes époques et de différentes tailles afin de contenter les goûts et préférences de tout le monde. Ces véhicules avaient été rendus possibles grâce aux efforts acharnés des mécanos du réputé garage "Thesaurus Motors", tenu par les deux frères du même nom, Mikali et Blake. Le défi d'engins non polluants avait été plus qu?ardu car, ne désirant pas dénaturer la carrosserie, le mécanisme avait dû être subtil et discret. Ainsi, ils avaient réussi à installer des moteurs tournant à énergie solaire et lunaire et seuls quelques petits capteurs de carburant naturel restaient visibles sur les revêtements métalliques.

Les premières navettes s'engouffrent à travers le couvert des arbres, d'où quelques percées lumineuses d'un dégradé de rose-rouge-orangé déchirent la densité du feuillage, tractées par d'invisibles kirks pour lesquels certains soutiennent mordicus les voir sombres et ailés. De base pas très loquace, mais volontaire sur ce coup-là, Owen reste donc à son poste pour accueillir chacun des invités de cet événement grandiose, solitaires, couples et groupes, avec beaucoup de politesse et de répartie, expliquant où il serait possible de les retrouver, son équipe de chauffeurs et lui, aux premières heures de l'an 18.

Au bout d'un temps tout à fait relatif qui s'articule autour de dix minutes pour les plus zens et une heure pour les plus impatients, le premier ballet de carrosses cesse enfin sa course.

Ainsi, les festivités pour la nouvelle année 18 se trouvent dans un endroit quelque peu caché, isolé de la ville, bien dissimulé à la vue de tous. L'accès y est secret pour garder les intrus à l'extérieur, mais pour l'occasion, les créatures de ces bois enchantés ont ouvert un long sentier parmi les arbres et les buissons fleuris. La luxueuse verdure, comprenant herbes, fleurs des forêts, fougères de toutes sortes, et même quelques petits plants de fraises sauvages, délimite le précaire sentier de pierre et de terre battue qui serpente sous les lauriers roses. La brume, filtrant avec une douceur naturelle les rayons du soleil, ne laisse paraître qu'une image un peu floue et étincelante de la suite du tunnel, en dévoilant la suite au fur et à mesure, comme par magie.

Plus on avance dans ce tunnel floral, plus les buissons deviennent épais, étouffant graduellement le reste de la végétation, créant peu à peu une voûte opaque de branches tordues, ne laissant transparaître que quelques timides feuilles vertes. Il n'y a plus aucune trace de brume à ce point, seulement la noirceur due au passage difficile de la lumière. Toutefois, le segment ténébreux ne dure pas: une délicate aura dorée perce au travers des ombres; plus on s'en approche, plus la lumière se définit. On devine ainsi peu à peu le bas d'une porte et son verrou. Oui, voilà: au bout de ce tunnel se tient une large porte incrustée dans le tronc massif d'un arbre. Une clef d'argent pend non loin de là. Que se cache-il derrière tout cela ?...

À l'ouverture de la porte, l'aire dédiée aux festivités a quelque chose de magique. Un ruisseau coulant dans un petit étang, puis en ressortant, forme une séparation naturelle entre le puits et les coins de tranquillité, de même qu'avec la partie active où se trouvent l'espace réservé à la gastronomie et la piste de danse. Du côté des terrasses se dessine un petit pont en bois arqué pour traverser la branche nord-est du ruisseau. Au sud-ouest, c'est plutôt un sentier de pierres passant sous l'eau qui relie deux aires de relaxation. Le chemin en large est circulaire, tournant autour de la petite étendue d'eau. On voit toutefois dans l'herbe bien verte de petites allées bifurquant ça et là, cheminant jusqu'aux troncs des arbres, à la base de rochers moussus de tailles différentes, et vers toutes sortes d'autres petites impasses où se tiennent de minuscules maisons fort colorées. Certaines de ces petites habitations de fées et d'elfes sont bâties dans de vieilles bottes de randonnée abandonnées aux fin fonds des bois, d'autres ont pris forme dans des courges et présentent des jardins élaborés de la taille de leur jardiniers, d'autres encore ressemblent simplement à des maisons traditionnellement woltariennes alors que les dernières ne sont que de minuscules portes sur la surface d'un tronc avec des passerelles pour s'y rendre. Si on plisse un peu les yeux et qu'on y porte attention, on remarque que le village des fées s'étend sur toute la superficie autour de l'étang.

Entre végétations diverses, demeures parfois dissimulées et arbres brillant de douces lumières bleutées et arc-en-ciel vers la cime, il se trouve de discrets bouquets de branches peuplées d'une myriade de papillons aussi différents l'un de l'autre. Certains ont des fleurs rehaussant le coloris des ailes délicates de chaque insecte, alors que d'autres laissent toute la gloire aux fragiles créatures des airs. Éparpillés parmi les branches se balancent, au gré de la brise, divers lampions et autres pots en verre un peu moins raffinés contenant pierres, terre et verdure, laissant couler une douce lumière chaude. Il y en a un peu partout, dans les arbres, sur le sol, même quelques-uns sur les berges du ruisseau et entre des buissons étincelant de lucioles et des groupes de champignons phosphorescents. Il va sans dire, la forêt dégage une aura enchantée, traduite par cette luminosité venant de toutes parts.

Des amas de fleurs et de fongus aussi luminescents que les bois qui les abritent sont dispersés un peu partout dans l'herbe verdoyante, créant des points lumineux dans les tons rouges-violets-bleus avec des éclats orangé et pourpres. C'est comme si les habitants de la forêt venaient de passer et de saupoudrer la région avec un peu de poudre de fée, ne laissant rien sans scintillement.

Une clairière s'ouvre quelque peu dans la moitié est de l'endroit. C'est d'ailleurs là que se dresse une gigantesque ombrelle inversée ayant la forme d'un arbre de toile géant. D'autres toiles aux motifs floraux sont étirées en descendant de la voûte colorée. Sur cette dernière est perché un énorme papillon arc-en-ciel. De part et d'autre de fausses branches pendent également diverses lanternes orangées, certaines révélant la silhouette d'une fée venue danser avec les invités. Dans le coin le plus éloigné, donnant vers la forêt, est dissimulée la table du DJ. Elle arbore les mêmes couleurs et arabesques que l'arbre de toiles, allant du vert jusqu'au bleu violacé dans un discret, mais impressionnant, jeu de couleurs et de lumières. Mais comment faire pour se rendre à cette piste de danse ? Un accès direct depuis l'aire des tables permet de la rejoindre, si non, il n'y a qu'à faire le tour du sentier en passant par les nombreux petits espaces de relaxation.

Ces espaces occupent, d'ailleurs, la place à l'ouest de la piste de danse, devant la passerelle de pierres du ruisseau, et presque toute l'aire de l'autre côté de l'étang. Il fait un peu plus sombre ici, et malgré la proximité du DJ, d'une certaine façon, le son est coupé, donnant à cette moitié un calme serein. Il est donc beaucoup plus facile d'entendre les subtils bruits et ronronnements de la forêt, l'eau qui circule doucement, les petits rongeurs en train de fouiller entre les plantes, les fées qui volent et chuchotent, sans doute cachées par les bulles qui tombent en cascade des arbres et qui laissent couler une apaisante lueur bleue. À quelques endroits, on aperçoit également de petits points rosés: c'est une autre sorte de champis luminescents, ceux-ci en forme de verre de vin et translucides. Certains des coins de relaxation sont composés de tables illuminées par des chandeliers en bois de renne pendus aux branches des arbres environnants. Il y a également des abris couverts de verdure abritant quatre chaises disposées en cercle autour d'une table basse.

À l'extrémité contraire de la piste de danse, complètement au nord-ouest, passé les aires de calme, dans un coin encore plus tranquille, silencieux presque, trône un puits féerique. La structure est majoritairement faite de pierre, avec un toit pointu en planches boisées couvertes de mousse. Une roue pend depuis une chaîne accrochée au toit, supportant la corde nouée au saut. L'endroit est entouré d'une brume violet-bleuté, donnant un sentiment de mystère enchanté à la région quelque peu isolée du reste. C'est là qu'Emavina a installé un panier d'osier empli de fines chaînettes auxquelles sont attachées de minuscules fioles contenant chacune un brin de poussières de fée. Ces colliers délicats conçus par Leona Xiro servent à recueillir, dans leur flacon, un peu d'eau du puits à souhaits. Après avoir fait un voeu (ou même plusieurs...), afin que ceux-ci se réalisent, il faut bien évidemment conserver précieusement le nouveau porte-bonheur !

Au-delà de l'espace réservé aux festivités sont dispersées les diverses cabanes et maisonnettes farfelues construites exprès pour l'événement. Quelques semaines avant, s'ils avaient voulu se promener dans les bois, les invités n'auraient rien trouvé de tout cela, excepté une cabane primitive, premier essai - et échec - d'un pompier pas très doué en bricolage. Nate avait donc appelé au secours Wellan et son escouade de violets constitués de ses frères et de Droopy. Tous ensemble, ils avaient construits le kiosque près de la rivière et déroulé des mètres et des mètres de guirlandes aux quatre coins de l'espace de réception. Autour de l?un des plus gros tronc, une panoplie de photos serpente comme du lierre, remémorant le visage fantomatique des individus qui manquent à l'appel, paralysés par la stase. Aussi, ceux qui ont le courage de passer la nuit dans le petit village d?habitations temporaires sont les bienvenus ! Les abris les plus évidentes étaient faites de troncs d'arbres de tailles différentes, donnant à chacune une forme unique avec des toits bien feuillus. Les plus impressionnantes sont toutefois les cabanes qui forment un petit village suspendu dans la forêt. De sinueux escaliers montent en un semblant de colimaçon jusqu'à chaque chalet et plusieurs sont même connectés par des ponts en bois et en corde. Ce sont, évidemment, des résidences pour les plus téméraires. Quelques bouquets de champignons éclairent les environs, aidés par des lampes et des bouteilles de lucioles. Dans ce coin plus calme, loin de la musique et de la piste de danse, amis ou amoureux peuvent se retrouver à la balancelle pour profiter pleinement d'un moment plus... magique !

Dans la continuité, deux petits coins de tranquillité à l'opposé l'un de l'autre et éclairés par des chandeliers de cristal chatoyant accueillent chacun l'un des deux grands miroirs jumeaux aux cadres dorés stylisés d'arabesques raffinées. Ils sont là, dressés au coeur de l'espace d'intimité auquel ils appartiennent, attirant comme des aimants les curieux de passage. Quiconque regarderait à travers son propre reflet verrait ce qu'il désire le plus à cet instant. Si deux âmes se contemplaient en même temps dans les deux endroits différents, elles pourraient se voir. Communiquer. Se rencontrer.

Soudainement, on dirait que le petit village des fées a pris une taille woltarienne. Ou sont-ce plutôt les invités qui ont rapetissé au point de pouvoir vivre dans ces maisonnettes, tout comme certaines drôles de créatures de deux millimètres et aux traits grossièrement semblables aux woltariens et qui peuplent les jardins ?

Grâce au grandiose travail de décoration d'un musicien bleu accompagné de ses deux filles, Anthony, Alyce et Clarysse Kira permettent une totale immersion dans la forêt enchantée, des odeurs jusqu'aux bruits, en passant par la vue du ciel entrecoupée par la danse des branches.

Cela promet d'être tout une expérience !


Bien vite, trois personnages intéressants attendent les invités aux abords de la porte enchantée. Parfaitement ancrés dans leurs rôles surnaturels, une magicienne elfique dont on reconnaît les traits de Sora, un guerrier qui ne ressemble en rien au Yori caché sous cet imposant costume ainsi qu'une Tsuki habilement dissimulée dans les habits légers d'une archère patientent ici et là sur les sentiers, prêts à guider les convives au travers des bois mystiques.

Plus loin dans les sentiers, debout derrière la table aménagée pour la partie apéritive du repas, Alanig accueille les invités avec un large sourire et prend un plaisir évident à présenter les boissons et plats proposés. Après mûre réflexion, le cuisinier a décidé, peut-être de manière inhabituelle, de présenter deux types de bières. Après tout, tout le monde n'apprécie pas forcément les apéritifs habituels. Il avait donc prospecté et trouvé ce qu'il cherchait : une elfique triple brune, servie dans une chopine de bois, et une ambrée, versée dans un bock fort original, accompagnées toutes deux de fruits secs. Aux côtés, trônent de jolies bouteilles aux formes arrondies et au long col contenant du sang de dragon, flanquées de bouteilles droites et élancées, écrin traditionnel de l'hydromel des elfes.

Ces différentes boissons accompagnent les plats patiemment étudiés par le woltarien chocolat. Sur les différents plateaux défilent des graines d'étoiles elfiques, des chips de fleurs et de légumes, des cupcakes de l'océan et des paniers remplis de pains elfiques.

Tout sourire, Alanig se montre généreux en explications et sert les invités avec un petit mot pour chacun. L'attention qu'il porte aux convives ne l'empêche toutefois pas de jeter des regards circulaires afin de tenter d'apercevoir une certaine woltarienne avec laquelle il compte bien passer le reste de la soirée.

Un peu plus tard, juste avant que le jour ne tombe totalement, Sacha s'éclipse pour sa mise en scène. Le woltarien gris est si heureux de boucler la boucle de cette année 17 qu'il ne ressent même pas une once de stress tandis qu'il marche vers le coin de forêt qu'il a aménagé avec ses amis et organisateurs en chef. Il voulait que la surprise du lieu reste entière pour Honey, aussi le décor de leur union est légèrement excentré et il faut s'aventurer le long d'un étroit chemin boisé discrètement éclairé. Tout avait ensuite été pensé par le gris minutieux et par ses compères dévoués. Bientôt, Sacha passe sur un petit pont décoré de guirlandes lumineuses d'un blanc pur et de petites loupiottes féeriques. Une parcelle de verdure fendue de gravillons blancs s'ensuit, semblant dessiner un sentier vers l'enchantement. Lui-même envoûté par ce décor, il lève les yeux vers les nombreuses illuminations qui tombent des arbres, leur donnant ainsi une profondeur et d'autant plus de relief, sans pour autant les dénaturer. Le mâle continue ainsi jusqu'à l'autel où, satisfait, il écrit à Ema que tout est bon pour lui. Les convives sont alors invités à s'engager dans la dense végétation jusqu'aux rangées de chaises blanches qui bordent l'allée centrale. Lui qui n'avait pas prévu si grand et qui sent déjà l'émotion lui monter dans les tripes, sourit à tous les arrivants, prêt à les aider à s'installer. Pour sa part, Itachy Vampire-_- avait la grande mission d?immortaliser ce Réveillon par son art de la photo. Ce jeune professionnel encore inconnu du grand public dégaine à tout-va son appareil pour sauvegarder dans d?innombrables clichés les plus beaux moments de la fête et notamment le renouvellement des voeux du couple.

De son côté, Honey, aidée de Lori, est allée s'habiller. Sacha l'avait prévenue la veille, sans toutefois l'abreuver de détails afin de ne pas la prendre complètement au dépourvu et de ne pas la priver du plaisir du choix de la robe et autres instants précieux le jour du renouvellement de leurs voeux. Accompagnée de sa belle-soeur, la woltarienne était allée à la chasse à LA robe idéale qu'elles avaient heureusement trouvée. Impatiente et fébrile comme lors de leur mariage officiel, la beige quitte la tenue qu'elle avait achetée pour la soirée pour enfiler sa robe de mariée. Aux prémices du chemin, Lori, toujours aux petits soins, replace la coiffure de Honey et lui prend la main, s'apprêtant à l'accompagner jusqu'au lieu de la cérémonie. Sacha ne se trouve désormais plus très loin, de dos dans son costume noir qui respecte le thème. Comme à chaque fois qu'elle aperçoit son mari, le coeur de Honey se met à battre la chamade et c'est une main tremblante qu'elle tend à son fils Yori, venu prendre la relève pour la conduire à Sacha. La beige adresse un sourire ému à Yori, Tsuki et Sora, ses enfants qui, au premier rang, la regardent avec émotion, et tout le monde peut voir sur leurs visages ravis à quel point ils sont heureux de participer à cette soirée de renouvellement des voeux.

Honey, déjà au comble de l'émotion, retient avec peine les larmes de joie qu'elle sent poindre lorsque, parfaitement coordonnée par Sacha, Lys, joliment vêtue d'une robe bleue tout à fait féminine, ainsi qu'un ami de scène se lancent sur la chanson favorite du couple. Sacha se retourne, dévoilant à sa femme leur petit en attente officielle d'adoption qu'il tient fermement au creux de ses bras. Le regard inévitablement déjà mouillé d'émotion, Sacha embrasse le haut du crâne de Warwick en fixant Honey qu'il n'a évidemment pas prévenue de la présence de ce petit bonhomme miraculé qu'ils se languissent de pouvoir accueillir. A la vue du woltarion blotti dans les bras de son mari, les yeux de Honey s'agrandissent d'une surprise ravie et se brouillent encore davantage. C'en est trop pour la beige et c'est le visage baigné de larmes de bonheur et éclairé d'un immense sourire qu'elle arrive au pied de l'autel. L'officiant souriant s'avance vers eux, tandis que Lys achève de jouer son morceau. Il salue les invités ainsi que le couple.

- Honey, Sacha, c'est avec joie que je me tiens devant vous une année après avoir scellé votre destin pour la première fois. Je vois qu'un invité de marque nous a rejoint, toutes mes félicitations. Je vais vous laisser prononcer quelques mots avant de procéder au nouvel échange de vos voeux.

Sacha commence, tout sourire, jetant un regard vers Nate et Ema, qui réapparaissent aux yeux de tous confortablement installés au premier rang. Hors de question pour eux d'être en retard pour ce moment mémorable et tant attendu !

Le marié reporte toute son attention vers sa beige.

- J'avais pensé plus intimiste mais... un certain woltarien orange, frustré d'avoir manqué notre mariage à Begy, m'a donné envie de plus grand...

Ledit orange se lève du premier rang, dépliant son mètre quatre-vingt-dix, son buste solide tordu vers les spectateurs dans son dos. Nate lève fièrement la main avec un petit jeu de sourcils taquin et un sourire ravi, assumant sans conteste son implicite désignation pour laquelle personne n'avait pourtant de doute. Quelques rires font échos puis il se laisse docilement rasseoir sur son assise, déroulant un grand bras musclé pour en recouvrir les épaules plus raffinées de la belle violette toujours à ses côtés.

Sacha poursuit.

- ... et j'en suis finalement bien content. Nous venons de connaître une année épuisante, complexe et riche, très riche...

Le woltarien câline le petit dans ses bras avant de reprendre.

- Nous savions que le destin nous préparait quelque chose, comme il le fait depuis notre rencontre et je suis très, très heureux de tout ce que nous construisons ensemble. L'an 18 n'est plus qu'à quelques heures et j'ai voulu le démarrer sous les meilleurs auspices en nous offrant ce caprice dans notre capitale. Je t'aime Honey et je nous souhaite encore un nombre incalculable de nouvelles années à traverser ensemble.

Un peu ému, Sacha disperse ce trop plein dans un élan de bonne humeur adressé aux invités qui leur font l'honneur de leur présence.

- Ainsi qu'à vous tous, d'ailleurs ! Je vous remercie d'être présents et de rendre ce moment encore plus grandiose pour nous. Puisse chaque nouvelle année vous apporter tout ce qui vous comblera de joie.

Honey, qui est enfin parvenue à se reprendre, adresse à Sacha un long regard amoureux avant de prononcer ses voeux à son tour, d'une voix mal assurée qui prend peu à peu fermeté :

- Sacha, notre parcours n'a pas été facile mais nous y sommes parvenus à force d'obstination et portés par notre amour.

Un petit sourire taquin naquit sur les lèvres de la woltarienne.

- De nous deux, c'est toi qui t'es montré le plus obstiné mais jamais, jamais je n'ai regretté ton entêtement.

Redevenue sérieuse, la mariée continua :

- Nous avons surmonté les écueils, affronté les tempêtes et, très certainement, nous devrons en surmonter et en affronter d'autres mais je n'ai pas peur. Tant que nous ne perdons pas de vue à quel point nous nous aimons, rien ne pourra nous abattre. Personne ne sait ce que l'avenir réserve mais il est une chose certaine qui ne changera jamais, Sacha, c'est mon amour pour toi.

L'officiant prononce les formules connues de tous avant que leurs alliances ne leur soient tendues dans un joli écrin de verdure. Sacha embrasse le woltarion acajou dans ses bras et le confie délicatement à Ema. La violette, peu habituée à tenir un woltarion, le prend maladroitement contre elle et reste stoïque quant à la suite des événements. Déconcentrée et déconcertée par la situation, elle ne porte plus attention à ce qui se passe devant elle et concentre toutes ses pensées et mouvements à prendre soin de la douce boule de poils entre ses bras raides et au maintien gauche. Par-dessus son épaule, le visage de Nate se forme et se déforme en d'innombrables et ridicules mimiques d'adulte éhontément gaga face à la bouille trognonne du bambin. Il croise le regard effaré de sa partenaire de toujours qui lui remet précautionneusement et avec soulagement le tout jeune woltarion. Sans broncher, Warwick se retrouve lové tout contre une montagne russe de biceps, dorloté par les doux balancements de coudes du pompier en chef.

Pendant ce temps, le couple s'échange finalement de nouvelles alliances symboliques, les yeux dans les yeux, avant un tendre baiser difficilement contenu sous le grand et beau saule pleureur. Sacha passe bien rapidement ses bras autour de Honey qui se serre contre lui avant que le mâle ne consente à lui rendre sa liberté et ses lèvres. Cette dernière, après avoir déposé un second baiser léger sur les lèvres de son mari, se dirige vers ses enfants pour les embrasser avec chaleur puis récupère Warwick auprès de Nate avant de rejoindre Sacha. Main dans la main, le couple traverse l'allée centrale en sens inverse, sous les nouveaux applaudissements pleins d'encouragements d'une foule joyeuse et de leurs proches. Ils se rendent jusqu'à un petit buffet de bougies parsemé de pétales de fleurs blanches délicates. Au milieu de chaînes de fleurs est suspendu un sublime gâteau tout à fait thématique, préparé des mains de Suddyn et Mao. Sacha et Honey le découpent pour partager l'instant avec toute l'assemblée, accompagné d'un toast au champoirdine de leur domaine, avant de regagner la suite des festivités.

Sur le chemin du retour vers l'espace de vie principal de la soirée, une clairière décentrée par rapport au parcours des invités a été réservée pour les prestations d'Opaline. Un chemin étroit perdu entre des arbres y mène. À intervalles réguliers, l'attention des spectateurs est attirée par un sentier de lumière qui s'éclaire au son d'une mélodie jouée au violoncelle, comme une invite à s'engager sur son tracé. Les lanternes, savamment programmées, s'allument au fur et à mesure de la valse jouée sur un mode volontairement lent et déformé. Les notes résonnent dans la forêt, s'étirent entre les arbres comme la brume qui s'élève doucement du sol et mènent les spectateurs à un vaste espace baigné d'une étrange lueur bleue. Au centre, une silhouette tournoie lentement, suspendue à la plus haute branche d'un arbre. Les notes de l'instrument à corde font fait place à une musique lancinante et mystérieuse aux accents métalliques qui s'évanouit à son tour alors que s'élève une voix féminine, grave et feutrée. Abandonnée sur sa mince toile qui continue son mouvement de rotation, Opaline paraît endormie. Elle commence à s'animer aux premières notes de la chanson dans une succession de mouvements lents, fluides et parfaitement maîtrisés. Sa silhouette longiligne se découpe en ombre chinoise sur le décor empli de mystère. La danseuse joue avec son hammock sans efforts apparents au rythme de la mélodie nostalgique dans une chorégraphie comme toujours orchestrée à la seconde près. Dans une dernière figure, elle s'enveloppe complètement de la soie avant de s'en libérer et de rester suspendue dans une dernière rotation. La voix de la chanteuse s'éteint lentement pendant qu'Opaline lâche prise pour disparaître dans un fourré où un filet a été habilement dissimulé. La clairière se retrouve lentement plongée dans l'obscurité pendant que les notes du violoncelle recommencent à s'égrener, invitant le public à quitter l'endroit. Une à une, les lanternes s'éteignent à leur tour derrière le dernier promeneur et, finalement, le sentier disparaît lui aussi dans le noir. Plus rien ne subsiste bientôt du chemin ni de la clairière. Tout s'est évanoui, comme dans un rêve.

Au bout d'un certain sentier se cache l'espace réservé au repas. Guidant les pas des conviés au festin, une multitude de bougies enfermées dans des pots de verre et massées sur de grandes découpes de troncs d'arbres se présentent, enluminant le chemin de leurs flammes incandescentes. Ces luminaires recueillent en leur cire les bijoux soignés d'une certaine joaillière, Leona, qui avait repris sa passion, laissée de côté depuis un moment, pour participer à cet événement assez exceptionnel. Toutes ces années à Vésén à forger l'or lui avait ouvert de fortes capacités et son imagination n'en était que plus débordante.

La confection de bijoux étant un art assez délicat et demandant des ressources brutes surtout lorsque chacune des pièces en métaux, pareilles aux siennes, sont réalisées à la main, la créatrice ne travaille qu'avec des matériaux naturels. Ainsi, vous retrouverez du bronze, du cuir, de l'argent, de l'or, de la malachite, du verre, du zircon ou encore des cristaux sur vos bijoux enchantés, lorsque vos bougies seront entièrement consumées et qu'il n'en restera plus que des lumignons.

Les pierres décoratives que l'on peut trouver sur les colliers, les bagues ou les bracelets sont, elles aussi, pour la plupart d'origine véséenne, venant tout droit du canyon ou bien directement des mines. Elles ont toutes été serties au fur et à mesure de la confection afin que le métal l'épouse à la perfection. Par ailleurs, les bagues ont demandé plus de travail, notamment celles avec des décorations incrustées.

Sur une plaque de bois clouée à un arbre situé au milieu des bocaux de verre lumineux, il est inscrit: « N'oubliez pas de me prendre avec vous ». Le nombre de bougie est minutieusement calculé afin que tous et chacun, woltarien et woltarienne, puissent repartir avec leur précieux cadeau.

Grâce à la luminosité dévoilant le sentier, on peut apercevoir, au loin, de longs pans de voiles frivoles rattachés à la cime des arbres, formant comme un chapiteau volage au-dessus d'un large périmètre. La tulle passe d'un ton à l'autre, allant du fushia au vert lime, sans oublier le cobalt et le jaune citron. Ainsi, même si le Réveillon était dépourvu de salle cette année, les convives mangeraient à couvert.

Dissimulant le lieu de réception, de larges et opaques rideaux de fleurs de toutes sortes, accrochés aux diverses branches d'arbres à proximité, tombent sous forme de pluie de pétales jusqu'au sol. Il faudrait donc les traverser le moment venu et l'impressionnant travail de suspension allait certainement donner envie aux photographes en herbe de prendre quelques clichés. Derrière cette épaisse étoffe naturelle est dérobé à la vue de tous, le jeu des tables et les invités découvrent avec émerveillement l'espace banquet où toutes structures de bois avaient été finement conçues par l'équipe musclé de Wellan. Deux décors se présentent, l'un presque immaculé, l'autre complètement flamboyant. Chacun des détails floraux ont été élaborés par la charmante fleuriste de la soirée, Fraise.

Le premier accueille en son centre un arbre miniature surmonté d'un bouquet de fleurs blanches en pompons. Quelques lampions soutenus par des cordes en jute étincellent sous la houppe ivoire et illuminent l'arrangement floral des mêmes tons pâles, comme tombé, autour du tronc filiforme. Le deuxième loge un haut vase de verre dans lequel se trouvent mousse naturelle et faux papillons, grimpant vers l'apogée fleuri. Si les boutons blancs rappellent le premier décor, les roses, dans les tons de violets et encadrées par des tiges fleuries tombantes des mêmes couleurs, se distinguent et apportent une touche vivement colorée à la tablée. De minuscules bougies dans leur abris de cristal éclairent agréablement la surface foncée parsemée de mousse verdoyante. Si, du premier coup d'oeil, tout semble séparer ces deux agencements, quelques éléments dans les différents ornements les rapprochent indubitablement. Afin de bien éclairer le lieu du repas, même si les étoiles brilleraient haut dans le ciel obscur et réussiraient même à percer le couvert feuillu des arbres de la forêt, d'innombrables petites lanternes sont suspendues au-dessus des tables, à bonne hauteur pour ne pas déranger les invités, et de parts et d'autres de la section délimité par le fin chapiteau. Certaines sont mêmes décorées d'un bouquet de fleurs miniatures et attirent le regard de par leur délicatesse.

30/10/17 #Leona

Voici les bijoux que vous pourrez retrouver dans les bougies-bijoux de Leona xiro :


- 5 modèles de colliers féminins :
colliers 1
colliers 2
colliers 3
colliers 4
colliers 5

- 5 modèles de bagues féminines :
bague 1
bague 2
bague 3
bague 4
bague 5

- 5 modèles de bracelets masculins :
bracelet 1
bracelet 2
bracelet 3
bracelet 4
bracelet 5

- 5 modèles de bagues masculines :
bague 1
bague 2
bague 3
bague 4
bague 5



Et les 2 chanceux ayant l'immense plaisir de découvrir les deux bijoux de valeurs retrouvent ces deux bagues au fond de leur bougie :

Bague Femme

Bague Homme

23/10/17 #Couronnés





Vous pouvez dès à présent et jusqu'au 27/10/17 (Vendredi) voter pour élire les Couronnés de la grande soirée du Nouvel An !
UN SEUL COUPLE sera élu parmi la liste ci-dessous.



Les élus auront l'immense honneur d'ouvrir le bal et recevront une photo souvenir de leur soirée.
[HRP : un fanart du couple.]




S'ils souhaitent gagner, les couples/participants sont tributaires de leur propre promotion ; ils sont invités à se promouvoir eux-mêmes (explicitement ou implicitement) afin d'inciter les gens à voter pour eux.
(Faites péter les teufs ! ))


Vous devez donc me communiquez à moi, Nathanaël Drow, par message privé, les noms des deux membres de la catégorie "couple" pour lesquels vous souhaitez voter.


REGLES :
/!\ Un couple peut voter mais pas pour lui-même. Un vote par personne /!\
[HRP : Les joueuses aux multiples woltariens inscrits sont autorisées à voter pour leurs propres personnages dans la mesure du raisonnable et en respectant une parfaite logique et cohérence. Elles devront justifier ce choix en quelques mots dans le but de préserver au max l'équité en palliant aux avantages numériques des multi-comptes/persos.
Vous êtes donc priées de faire voter vos wolts de façon intelligente, en respectant les véritables et propres avis de chacun de vos personnages.]

/!\ Seuls les inscrits au Nouvel An sont habiletés à voter. /!\ Si vous n'êtes pas encore inscrits, contacter Emavina Kapitin ou moi-même.
/!\ Tous les votes envoyés à Emavina au lieu de Nathanaël ne seront PAS comptabilisés. /!\
/!\ Pas de "votes blancs" possibles. /!\



LES COUPLES EN LICE :
1.Wellan Castro et Droopy Drymo
2.Fina louen et Mathéo Castro
3.Raphaël Du Ciel et Dylan Babylona
4.Pti'nui Étoilé et Leila Tremoissa
5.Honey Kanaki et Sacha Crokani
6.Opaline Cregh et Illian Lapin
7.Lara Cregh-Lapin et Seth Rourou Lowred
8.Mao Riska et Enaëlle Night
9.Jeremy Skinwood et Mélissandre Spyrox
10.Quinn Weaver et Chibi Princess
11.Leona xiro et Rowsco Hawkeye
12.Tascha Althor et Gabriël Katalys
13.Samaël Meïtaky et Stella Lapin
14.Saturne Étoilé et Elaura de Tris
15.Ayleen Althor et Tommy Bon
16.Itachy Vampire -_- et Lucilia Bois
17.Annabelle Dowen et Laery Demios
18.Phoebus Moonlight et Adam Bliksem
19.Chocobon nana et Shaya Castro
20.Madilyn Akira et Rilero Chat
21.Juwarti Swart et Korine Kouche
22.Chanel Royal et Donovan Clarkson
23.Luna Wolterre et ChocoCat Minou
24.Max Theshark et Sanella Tifane
25.Eilys Rain et Camélia Wennen
26.Hubert Flash et Jade Skin
27.Cinderella Vaillant et Alanig Althor
28.Adhara de Lumière et Tiago Mignonne
29.Sohann Tower Et Adam Tower
30.Emilya Madislan et Koren Riska
31.Deyan Fanrick et Candide Blanc

32.Manuella Blanca et Akilain Kaloenn
33.Alicia Maley et Ruz Milliardaire
34.Maelys Louen et Kinaï Marken
35.Diane Katalys et Eitan Koda
36.Haïmi Maley et Owen Bon
37.Lola Flash et Chayton Dowen
38.Moana Oxss et Kyungsoo Ophèniela
39.Flira Solaria et Skye Situna
40.Emma Bonnaké et Thor Althor Tartines
41.Eléa Rain et Orko Vagip
42.Satinka Kaloenn et Hermès Royal
43.Edwël Yuuhi et Tilbur Marcellin
44.Alyce Kira et Hern Lapin
45.Khendra Kaiser et Ewen Koda
46.Clarissa Kira et Merakh Katalys
47.Lulu Sulky et Wonho Ophèniela
48.Baya Jalup et Je t'aime Koda
49.Lori Brown et Nathaniel Pirsème
50.Lucie Beni et Derrek Hale
51.Mirabel Hawkeye et Meallàn Kanaki
52.Scarlett Situna et Luc lili
53.Lys Lords Byron et Jackson Louen
54.Lys Chouks et Junhoe Bul