Date:9/7/17

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30/5/17 La vie, l'amour, la mort...

Une grande absence ne s'efface pas mais elle cesse de saigner, elle cicatrise. Elle vous devient une présence endormie très fidèle, qu'on apprend à emporter avec soi à travers sa vie, à travers ses autres peines et, même, à travers ses joies.

Fanny Deschamp

2/4/17 Soirée "Grand Opening" - grands souvenirs <3

C'est enfin le grand soir. Opaline, pourtant habituée aux spectacles et aux grandes organisations, se sent fébrile. Elle a tout vérifié et revérifié au moins mille fois, lu et relu l'ordre des prestations et ses interventions, rendu fous les éclairagistes et mis sa petite-nièce Leïa sur les genoux. Elle fait une dernière fois le tour de l'établissement, rectifie l'alignement parfait d'une chaise, déplace un vase pour le remettre ensuite à sa place initiale, monte au salon et redescend, s'apprête à y remonter lorsque son frère Kentaro la saisit doucement par les épaules et la force avec tendresse à s'asseoir. Il lui tend sa tasse de thé blanc au jasmin en souriant.

- Tout est impeccable et tout se déroulera à la perfection, Dyn'.

Opaline sourit en retour au grand woltarien au pelage solaire. Son frère n'a toujours pas perdu l'habitude de lui donner ce surnom, survivance de l'expression "Dynamite Sister" qu'il utilisait pour parler d'elle. Elle avale une gorgée de la boisson presque bouillante et la chaleur qui se diffuse dans sa gorge la calme un peu.

- Tu as raison, tout se passera à merveille, il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement. Mais... c'est que... enfin...

Kentaro se penche vers la danseuse et pose ses grandes mains sur les frêles épaules pour plonger son regard émeraude dans les prunelles roses de sa soeur.

- Ce n'est plus le Délirium. C'est une nouvelle étape, un changement. Mais, les changements, tu adores ça. Cet endroit est magnifique, il correspond à ce que tu es maintenant et je le trouve parfait. Il faut que tu ailles terminer de te préparer.

En silence, la woltarienne grise opine du chef et se lève. Un joyeux charivari se fait alors entendre et les jeunes artistes de rue dont l'artiste s'occupe déboulent dans le bar. Ils sont super excités et ce joyeux vacarme fait naître un sourire sur le visage des deux adultes. Les ados ont passé la journée à placarder les affiches annonçant l'inauguration ainsi que les petits panneaux fléchés destinés à guider les convives jusqu'au bar, maintenant propriété d'Opaline.

La bâtisse se situe dans le centre historique de Sétia, au fond d'une jolie ruelle encore pourvues de ses vieux pavés. Comme tous les bâtiments de ce quartier, elle a été construite en hauteur et profondeur, rattrapant ainsi la superficie qu'elle ne pouvait occuper en largeur. La façade aux pierres couleur miel avait été rafraîchie et avait retrouvé tout son lustre d'antan. Selon les exigences d'Opaline, tout avait été rénové en tenant compte du quartier et du cachet de la vieille maison. La seule concession que la danseuse avait consentie avait été le remplacement des deux minuscules fenêtres initiales par une seule et large fenêtre, adjacente à la porte et sur laquelle s'étalait maintenant en belles cursives gris-clair le nom actuel du bar.

L'intérieur avait été tout autant préservé. Lorsque les clients entraient, ils découvraient un espace d'abord assez étroit, occupé sur toute la gauche par un bar en acajou travaillé de manière sobre. De hauts tabourets à l'assise de velours cramoisi permettaient de s'y asseoir. De fines étagères métalliques occupaient l'entièreté du fond, permettant l'alignement de tout un assortiment d'alcools en provenance des quatre soins de Woltar. Les bouteilles aux formes diverses se côtoyaient dans un festival d'étiquettes multicolores. Chaque alcool possédait son verre particulier ; ceux-ci faisaient la parade sur l'étagère inférieure. Des pompes à bière occupaient une partie du meuble vénérable et une forêt de verres suspendus par les pieds à une crédence de bois clair offrait un plafond aux reflets cristallins. Le rez-de-chaussée continuait en s'évasant assez largement. Là, de petites tables rondes encadrées de chaises recouvertes du même velours que les tabourets s'étalaient face à une scène légèrement surélevée. Opaline l'avait faite agrandir au maximum. De hauts et lourds rideaux sombres l'occultaient pour l'instant aux yeux du public. A l'occasion de l'inauguration, de longues tables étroites avaient été installées tout au fond. Alanig, aidé pour la circonstance de son amie Cinderella, y officiait, face à des plateaux surchargés de petits fours salés et sucrés. Les deux woltariens, tout sourire, y accueillent les premiers convives et les servent. Un peu inquiète, la jolie woltarienne bleue jette de fréquents regards au chef couleur chocolat qui lui sourit chaleureusement pour la rassurer. Au bout de quelques instants, toute timidité envolée, Cindy a pleinement investi son rôle, à la grande satisfaction d'Alanig, heureux de pouvoir compter sur son assistance.

Sur la droite de cette pièce en rondeur, un escalier en colimaçon mène à un étage en mezzanine qui court tout autour. Les balustrades chantournées ont été rafraîchies et vernies pour rappeler la chaude couleur du bar. Des canapaniers et des fauteuils profonds en gros cuir rouge sombre offrent aux clients qui le souhaitent un espace de confort et de calme. La large ouverture qui relie les deux niveaux permet cependant d'entendre ce qui se passe à l'étage inférieur de manière assourdie. Un bar beaucoup plus petit y a été aménagé. Cet espace est pour l'instant fermé. Il ne serait ouvert qu'à la fin du spectacle d'inauguration.

Le groupe de jeunes protégés d'Opaline s'est pour le temps d'un soir mué en hôtes et hôtesses. La danseuse leur avait laissé carte blanche pour leur habillement et c'est un joyeux groupe bigarré de couleurs vives qui accompagne les invités à leur table.

Aidan et Kentaro se sont quant à eux institués bartenders et s'activent au bar. Manches de chemise repliées, ils ont tombé leur veste et, en gilet à la coupe impeccable, ils officient avec bonne humeur.

La soirée s'annonce sous d'excellents auspices. Opaline n'était pas encore apparue et tous commencent à se demander où pouvait bien être la maîtresse de cérémonie. Celle-ci, cachée derrière les rideaux lourds de la scène, avait décidé de laisser à ses invités le temps de s'installer et de se rassasier avant de lancer le véritable début de la soirée.

Alors que celle-ci bat son plein, que les convives discutent entre eux et profitent de tout ce qu'avait pu leur concocter la danseuse et ses acolytes, les lumières de la salle commencent à se tamiser une à une, créant une ambiance cozy et intime, jusqu'à ce qu'elles s'éteignent toutes à la fois pour plonger les invités dans une obscurité des plus mystérieuse. Les secondes s'égrènent tandis que les convives commencent à se questionner sur la raison d'une telle noirceur ! La corde pincée d'une guitare acoustique se fait soudainement entendre, puis une deuxième et une troisième... Ces notes, annonciatrices d'une imminente prestation, se taisent toutefois et le silence revient en maître planer sur la salle, à présent rassurée quant à la pénombre.

Enfin, un spotlight s'allume sur la scène, découvrant un tabouret, le pied d'un micro et ce dernier. L'artiste, lui, ne semble se trouver nulle part sur l'estrade. Aucun bruit de pas ne se fait entendre non plus, malgré les quelques applaudissements qui retentissent dans la pièce pour encourager celui-ci à venir se présenter.

C'est l'heure. Le woltarien a impérativement demandé à Opaline de ne pas le nommer, de ne pas le présenter et il est ravi que sa demande ait été respectée.

Alors qu'un certain brouhaha commence à se faire entendre et sentir parmi la foule, les premiers accords country d'une certaine chanson se mettent à résonner dans la salle, de même que la voix claire et rauque d'un woltarien... mais nul n'est sur scène ! Le seul et unique spotlight allumé continue de fixer résolument le tabouret vide, tout au long du premier couplet, jusqu'à ce que la lumière se fasse sur un woltarien bleu cobalt, assis sur un tabouret près du bar, guitare en mains, lorsque la musique gagne en intensité pour annoncer le refrain. Un bref sourire accueillant couronne les lèvres de Rowsco lorsque les paires d'yeux qui avaient fixé l'espace vide se tournent vers lui et il poursuit son refrain, les paupières mi-closes. Les premiers back vocals apparaissent et s'éternisent jusqu'à la fin de la chanson, bien que Rowsco soit le seul à chanter et divers instruments autres qu'une guitare se laissaient entendre. On pouvait donc deviner une piste partiellement enregistrée qui jouait en fond sonore.

Par ailleurs, les mains du bleu sont bien occupées à suivre les notes, grattant et glissant avec aisance sur le manche de la guitare pour pincer les cordes, allant d'un accord en Sol majeur jusqu'à un Si mineur au fur et à mesure que la musique s'entame. Quand le mâle n'a pas le regard clos sur la foule et lorsque le tempo diminue assez pour que sa voix s'adoucisse, il s'amuse à happer des siennes les prunelles les plus attentives et à chanter comme si la chanson leur était personnellement adressée. À l'aube du dernier refrain, le chanteur abandonne son tabouret pour se tenir debout, se permettant ainsi de donner une seconde puissance à sa voix et, à fond dans les dernières suppliques de la chanson, son corps se courbe légèrement vers le public, ses doigts continuant de gratter avec énergie les cordes de l'instrument qui semblait faire partie du musicien. Puis, ce dernier lâche tout d'un coup, offrant un large et chaleureux sourire à tous ceux qui ont pris le temps de l'écouter jusqu'au bout.


- Merci. Et merci à Dray qui n'est pas là ce soir, mais que vous avez entendu lors des back vocals. Bonne soirée !

Rowsco quitte rapidement la chaleur du spotlight, emportant avec lui le micro et son pied, ne laissant qu'un tabouret... aussi vide que le premier plus tôt aperçu.

C'est alors qu'Opaline apparaît sur scène, vêtue d'une robe de soirée au vert profond. La couple simple du vêtement met son pelage gris en valeur et moule étroitement son corps svelte de danseuse. Elle laisse se calmer les applaudissements destinés au premier artiste avant de prendre la parole. Son stress maintenant évacué, l'artiste est rayonnante.


- Chers invités, je suis particulièrement heureuse de vous accueillir ce soir dans ce qui sera désormais mon quartier général. Comme vous le savez, Kentaro, Aidan et moi avons souhaité passer la main à la nouvelle génération pour ce qui est de la gestion du Délirium.

La woltarienne adresse un petit signe et un clin d'oeil à son frère et à son neveu. Ces derniers s'inclinent dans un salut vers le public, souriants eux aussi.

- Mon frère et mon neveu se retirent tout à fait. Kentaro va bientôt repartir à Vésén, sa patrie d'adoption. Aidan, quant à lui, prendra la direction de Tropico où il pourra se donner à fond à ses passions de la plongée sous-marine et de la navigation. De mon côté, je n'abandonne pas tout à fait le domaine de la nuit, de ses fêtes et du spectacle. Je le ferai différemment. Abandonner le Délirium me permettra de me consacrer plus largement à mon art, à mon école de danse et à de nouveaux projets de chorégraphie, entamés depuis un moment. J'ai déjà eu le bonheur de chorégraphier plusieurs numéros réalisés avec Ash Kay Royal. Dernièrement, j'ai réalisé la mise en scène du petit spectacle qui vous fut présenté à la soirée de fermeture temporaire du Délirium. Une nouvelle vie s'ouvre devant moi.

Visiblement émue, Opaline s'accorde quelques secondes de silence pour reprendre la maîtrise de sa voix devenue tremblante. Une large inspiration plus tard, un nouveau sourire éclaire son visage et c'est raffermie qu'elle continue.

- Mesdames et Messieurs, il est temps maintenant de commencer la soirée d'inauguration. Je vous souhaite la bienvenue à mon tout nouveau bar, "L'Intim'Me" !

La danseuse laisse aux applaudissements le temps de se calmer.

- Et une première soirée devait correspondre à une première pour un tout nouvel artiste qui, je l'espère, continuera dans cette autre voie qu'il s'est tracée. En ouverture à mon événement, vous avez pu entendre Rowsco Hawkeye ! Vous le connaissez en tant que grand concocteur de délicieux cocktails au Krap'Out. Maintenant, vous pourrez aussi l'apprécier en tant que talentueux chanteur et je le remercie chaleureusement d'avoir choisi mon bar pour cette première. Mesdames et Messieurs, je vous demande de l'applaudir à nouveau.

En parlant, Opaline a quitté la scène sur laquelle les rideaux se sont refermés.

- A présent, j'ai la joie d'accueillir un ami. Un grand artiste qu'il n'est plus nul besoin de vous présenter et qui me fait l'honneur d'être présent à ma soirée pour vous offrir une avant-première. Mesdames et Messieurs, je laisse la "parole" au piano du célèbre Carenath de Pern.

A nouveau, les lumières se tamisent et la pièce se retrouve plongée dans l'obscurité. Les derniers chuchotements s'estompent. Un spot de lumière semblable à un clair de lunes est alors braqué sur la scène et un somptueux piano à queue. Classique. Sobre.

Les épaules basses et détendues, tout de noir vêtu dans son costume d'apparat, le compositeur effleure les touches zébrées de la clef de son âme pour une fusion quasi instantanée. Carenath n'actionne jamais la pédale douce, nuançant un timbre plus feutré rien que de la pulpe de ses doigts pourpres grâce auxquels il engendre quelques délicates vibrations détachées et nonchalantes, un veule tic-tac mélancolique qui s'égraine avec la douloureuse lenteur significative des heures si sombres...

Un court silence, puis ses poignets s'assouplissent pour se dynamiser davantage tout en demeurant assez raides pour évoluer avec précision et en rythme sur le grand clavier. Entonnée sur quelques triades, la voix suave de l'instrument s'éclaircit au fil de la portée, emplissant tout l'espace alentour de sa mélodie qui résonne comme la plus pure des suppliques.

Les paupières recouvrent ses iris malachites alors que les premières incisives notes du refrain fendent l'atmosphère en même temps qu'une myriade d'ascendants petits faisceaux de lumière divine. L'assemblée est éblouie d'un halo aussi providentiel que sonore tandis que les coudes et les épaules du musicien se délient à la manière d'une majestueuse paire d'ailes.

Le pouvoir kinesthésique de la ballade lui suggère quelques fluides mouvements du bustes destinés à accompagner les déplacements latéraux de ses mains lorsque ses doigts dévalent les fentes noires et blanches avec la fureur d'un nouvel éclat d'espoir. Le virtuose entame le dernier riff, plus viscéral que jamais, tel un prodigieux tourbillon d'octaves comme autant de bourrasques de vents capables de s'engouffrer sous ses bras revivifiés. Déployés.

Et il se lève symboliquement.

Le regard perdu par-delà l'aveuglement du tout premier spot lunaire qu'il fixe, il ralentit la cadence, accordant une nuance piano nettement plus douce, plus sereine, plus paisible... jusqu'à devenir totalement inaudible.

Les applaudissements retentissent déjà mais le pianiste demeure encore en parfaite communion avec son instrument de prédilection jusqu'à ce que la dernière note de son nouvel opus ne se meurt définitivement à ses oreilles. Il met quelques secondes supplémentaires à sortir de sa transe avant de pivoter instinctivement la tête vers le tout premier rang et un sourire ennoblit son visage.

Il s'écarte de son tabouret de velours et salue le public d'une cordiale et humble révérence, juste avant de tendre le bras en direction de son amie Opaline, grande organisatrice de la soirée afin de l'applaudir à son tour. Celle-ci le rejoint dans la foulée et il la remercie d'une nouvelle courbette de l'avoir invité à se produire lors de cette magnifique inauguration, lui permettant ainsi de présenter en avant-première la mélodie de la bande-originale d'une toute prochaine comédie pleine d'action et de fantasy, avant de disparaître parmi les ombres des spectateurs.

Opaline suit des yeux son ami Carenath qui disparaît par l'arrière de la scène avant de se retourner vers le public pour lui sourire.


- Une somptueuse interprétation, comme toujours. Maintenant...

La danseuse laisse planer un silence, le temps pour elle de quitter l'espace scénique qui disparaît à nouveau derrière les rideaux de velours.

- Maintenant voici venu un instant de grande émotion pour moi. Elle est belle et talentueuse et, pour cette soirée, elle me fait un cadeau immense. Le numéro qu'elle va vous présenter n'est pas de son domaine. C'est une danseuse-étoile de l'Opéra de Sétia, tout comme l'est sa maman Tascha Althor et tout comme je le fus... dans une autre vie... Elle a travaillé dur pour vous offrir et pour m'offrir le numéro auquel vous allez assister. Mesdames et Messieurs, je vous présente ma merveilleuse petite-fille, Abrielle Shadow.

Les rideaux se sont rouverts pendant qu'Opaline parlait, découvrant la scène où la jeune Abrielle se tient, devant des soies blanches descendues des cintres. Celle-ci lève le regard avec douceur vers les tissus aériens, imperturbable. Une note de piano se fait entendre, et voici qu'avec une douceur inouïe que seules les danseuses d'opéra maîtrisent sans faillir, son bras se lève pour un premier volupte. La femelle saisit ensuite le tissu plus fermement, cherchant la meilleure position pour ses doigts fins, lorsque soudain, dans un effort certain mais toujours avec grâce, la voici qui s'élève du sol à la force des biceps. La woltarienne grisée commence par tendre ses jambes quelques instants, mobilisant ses abdominaux sans que son visage ne trahisse la difficulté de l'exercice, avant d'entamer un mouvement d'enlacement avec le tissu, pour rapidement se retrouver en hauteur. Abrielle a alors toute l'attention du public, vers lequel elle se tourne pour la première fois, brièvement, tout en continuant son ascension.

Avec dynamisme, la danse aérienne continue et détache soudainement ses pieds, seuls garants de sa sécurité puisque le tissu y était enroulé. Abrielle se cambre dans l'air à la force des bras, maîtrisant sa performance avec le même sens du détail qu'Opaline. Gracieuse, la jeune danseuse ne tarde pas à bientôt se réapproprier le tissu, pour désormais lâcher prise et se laisser pendre, tête vers le bas. Dans un rapide maniement des tissus, Abrielle est désormais au centre d'un rectangle imaginaire brisé aussi rapidement qu'il était apparu aux yeux du public. La femelle grisée se hisse à nouveau et semble bientôt assise dans l'air, jusqu'à un mouvement de bascule à l'horizontale. Allongée, elle tournoie et se redresse dans de subtiles ombres chinoises, jouant avec les lois de la physique et avec la lumière.

Sa souplesse est ensuite mise encore un peu plus à contribution et on peut voir la jeune danseuse étoile offrir un grand écart aérien à son public, formant la base d'une pyramide éphémère animée d'une rotation. Agile, Abrielle s'allonge et se cambre, le regard concentré et vif vers le public tandis qu'elle se contorsionne à quelques mètres du sol. La danseuse, surprenant l'assemblée, effectue un lâcher prise soudain demandant une confiance en soi inébranlable pour se retrouver pendue par les pieds, à quelques centimètres à peine du sol.

La danseuse se redresse dans de nouveaux gestes assurés et se hisse au sommet, sans perdre de vue son public qu'elle émerveille et qu'elle inquiète certainement. A nouveau tête en bas, Abrielle s'enroule les hanches et les cuisses dessinées par la danse dans le tissu blanc, pour se suspendre à nouveau et tournoyer sur elle même, offrant ainsi une descente en soleil, maîtrisée et spectaculaire.

Au sol, épousant son partenaire de tissu, la femelle baisse la tête et la musique se tait au même instant, le noir libérant l'artiste de sa performance réussie. La danseuse étoile peut souffler en toute discrétion après cette prouesse physique, tandis que les applaudissements ne se font pas attendre.

Les rideaux se sont refermés mais Opaline reste devant, silencieuse, à nouveau en proie à une intense émotion. Elle regarde le public, lui fait une petite mimique embarrassée, baisse la tête pour se pincer le nez avant de se redresser. Ayant enfin repris contenance, elle lâche un soupir suivi d'un grand sourire.


- Comment ne pas être émue lorsque vous découvrez sur scène une artiste accomplie qui vous rejoint dans votre passion. Et comment ne pas écraser une larmichette lorsque vous vous souvenez de la woltarionne espiègle qu'elle était et avec laquelle vous jouiez à cache-cache dans votre jardin... il n'y a pas si longtemps !

La danseuse se met à rire, se dissimulant comme à son habitude derrière l'humour.

- Il est dit que ce soir serait une succession de moments intenses. L'artiste qui va maintenant venir va très certainement y participer. C'est un être sensible et rare, à l'archet incroyable. C'est une personnalité exceptionnelle dont vous avez très certainement pu mesurer le talent lors de son premier spectacle. Il n'est qu'au début de sa carrière et je la lui souhaite longue et prospère. Mesdames et Messieurs, je vous demande de réserver un accueil chaleureux à Morgan Haranto. Je vous promets un instant de pure et infinie douceur.

Justin pousse doucement Morgan sur scène mais celui-ci ne fait pas mine d'avancer. Son regard se pose sur tous les visages face à lui et il tremble légèrement. A-t-il peur ? Justin se glisse au côté de son jumeau et murmure à son oreille des propos réconfortants avant de l'accompagner sur scène. Ce n'était pas prévu, pas du tout, mais avec le violoniste et sa maladie, il faut s'attendre à tout.

Le musicien prend son archet vert en main et regarde une lumière en face de lui avant d'observer les gens, laissant un silence doux peser. Ses poignets bougent et il se place en position pour jouer. Au même moment Justin fait un signe pour lancer la bande son du piano.

Morgan a choisi cette musique parce qu'il l'aime. Ce n'est pas une musique de fête, loin de là. Mais elle est si belle ! C'est une musique qui prend aux tripes et ne vous lâche pas. Et puis, son père disait parfois qu'il était un enfant de lune. Doux, beau et lointain. Alors Morgan joue en souriant, la main de son jumeau sur sa hanche et ses lèvres murmurant les paroles qu'il connaît par coeur, créant une bulle de douceur. La chanson finie, il laisse son archet descendre le long de sa main et pose un baiser sur la joue de son manager et jumeau avant de partir, oubliant complètement le public que Justin remercie d'une révérence rapide, le rouge au joue, avant de partir rejoindre Morgan.

Le rideau s'est refermé mais Opaline a disparu et personne ne semble avoir été prévu pour présenter le numéro suivant. C'est dans le silence que le public attend, intrigué.

Enfin, le rideau se rouvre sur un fond étoilé qui figure un ciel nocturne et sur Ash, assis sur le sol de la scène, le dos tourné à un cercle de métal.

Le mâle est uniquement vêtu d'un pantalon noir à la coupe près du corps. Les premières notes cristallines d'une lente chanson résonnent alors qu'Opaline fait son entrée, vêtue d'une robe rouge très simple à la jupe ample et au corsage ajusté. Ash s'allonge, tendant ses jambes vers le haut pour porter la danseuse en soleil et l'amener au-dessus de lui. Il la tient maintenant par les jambes alors qu'Opaline se penche avec lenteur vers l'avant, le corps raide, soutenue uniquement à la force des bras par Ash dont le corps musclé est arqué sous l'effort. La danseuse prend le temps de se tourner vers le public pour lui offrir un sourire et d'écarter les bras avec grâce avant de saisir le cercle métallique pour l'emporter avec elle pendant que Ash la ramène à la verticale.

Celui-ci se relève et se saisit de l'instrument circassien pendant que sa comparse s'éloigne en virevoltant avec légèreté. Ash commence à jouer avec le cercle, le faisant tournoyer autour de lui avant d'être rejoint par Opaline qui s'en saisit à son tour pour y monter et partir en spin, bientôt rejointe par son partenaire. Les deux artistes se font face. Le cercle semble à présent doué de vie. Il tourne et entraîne les danseurs autour de la scène dans un mouvement giratoire presque ininterrompu. Tour à tour, les partenaires enchaînent les acrobaties et se rejoignent régulièrement pour des figures techniques élaborées, régulièrement applaudies par le public.

La complicité des deux comparses est perceptible tout au long du numéro. Opaline n'hésite pas à se livrer à des acrobaties que seules la force musculaire de Ash et sa maîtrise de la technique lui permettent. Les figures se succèdent au son de la douce musique portée par les instruments à corde et une voix pure qui donne au numéro toute sa puissance poétique. Comme toujours, la danseuse et chorégraphe a désiré allier la technique et le rêve pour offrir à public un moment hors du temps.

Le numéro s'achève sur une dernière prouesse. Ash et Opaline se sont rejoints dos à dos sur la roue cyr. Le danseur aide l'ancienne ballerine à réaliser un grand écart debout. Et, pendant qu'il impulse sa force à l'instrument qui s'évade en tel une tornade, Opaline, revenue à une position normale, lâche d'abord ses jambes pour en entourer la taille de Ash avant d'accrocher ensuite ses bras aux siens. Leurs corps d'athlètes ainsi soudés, ils tournent un long moment, en apparence affranchis des règles élémentaires d'équilibre. Un faux mouvement du grand bleu, un ralentissement dans la rotation de la roue et la danseuse s'écraserait violemment sur le sol. Mais de toute évidence, elle ne nourrit aucune inquiétude, un large sourire barre son visage pendant que la roue et son partenaire l'entraînent dans leur tourbillon. Le numéro s'achève.

Opaline rétablit sa position et cède la roue au danseur bleu qui la laisse aller. Les deux partenaires se rejoignent sur le côté de la scène et saluent pendant que le rideau se ferme sous de nouveaux applaudissements.

La danseuse réapparaît presque aussitôt, devant le rideau qui vient de se fermer sur la dernière prestation. Encore essoufflée mais rayonnante, elle se tourne vers son partenaire, en train de s'éclipser à l'arrière-scène pour l'applaudir à son tour. Elle se tourne à nouveau vers le public.


- Nul besoin d'encore vous présenter le grand Ash Kay Royal qui m'a fait le plaisir d'accepter le nouveau défi que je lui lançais. Nous avons été heureux de vous présenter une prestation à un agrès que l'on appelle "roue cyr". J'ai découvert ce nouvel instrument et tout son potentiel il y a quelque temps. Je peux vous dire qu'il met particulièrement à mal le sens de l'équilibre et je salue la performance de Ash.

La danseuse applaudit de nouveau et entraîne le public avec elle. Les applaudissements calmés, Opaline reprend une dernière fois la parole.

- Ceci clôturait le spectacle d'inauguration. Je remercie une fois encore tous les artistes qui ont accepté d'y participer et ont contribué à en faire un fantastique évènement qui me restera en mémoire. Leurs prestations ont été pour moi comme autant d'instants privilégiés dont je garderai le précieux souvenir. Mesdames et Messieurs, je vous remercie à nouveau d'avoir répondu à mon invitation et de participer vous aussi à faire de cette soirée un moment merveilleux. L'étage vous est à présent ouvert. Alanig et Cinderella restent à votre disposition au buffet. Kentaro et Aidan sont toujours au bar ! Je vous souhaite une excellente fin de soirée.

Une dernière fois, Mesdames et Messieurs, bienvenue à l'Intim'Me !


Opaline s'éclipse pour aller remettre sa robe de soirée avant de revenir se mêler aux invités pour partager leurs impressions.


16/3/17 CONCOURS

Tommy Bon a écrit:
Bonjour à tous

Ça craint, ça craint, ça craint !

Non, je ne me suis pas fait exploser un feu à la face ; non je n'ai pas perdu un membre en déclenchant l'allumage ; non non non, tout va bien tout est beau, tout se prépare bien... Mais du coup je n'organise plus rien ! Je crains ! Bobie, je ne t'oublie pas, je veux juste faire ça bien, un beau feu tout bleu

Comme prévu, après le spectacle de Ash, j'annonce : avec Léïa, on prépare un concours ! Cf, le blog d'Opa.

D'ailleurs, ce concours n'est pas lié aux soirées d'Opa' ou de Léïa et moi. C'est juste un concours indépendant, pour le fun
.

Le but est de vous donner une nouvelle occasion de mieux faire connaissance avec vos compagnons de jumelage éventuels ou d'entamer de nouvelles discussions avec un partenaire que vous choisiriez pour l'occasion mais il est également possible d'y participer solo, si toutefois vous préférez. ! BREF ! Ce concours est ouvert à tous !!

Concernant le principe du concours : c'est tout simple, on a pris une dizaine de chansons anglophones. Dans chacune de ces 10 chansons, j'ai relevé 4 phrases au hasard, je les ai traduites en Français et, à partir de ces phrases, vous devez retrouver la chanson originale en Anglais.

C'est pas mal non ?! A faire, au coin du radiateur ou du feu avec un chocolat chaud un pote, ou plus si affinité, pour une soirée d'hiver ?

Convaincus ? Si oui, venez vous inscrire vers Léïa ou moi, d'ici au 18/3 (ce dimanche 2/12) minuit.

Sinon... Ben, pas de concours, tant pis . Ce serait con, parce qu'on pensait offrir 25000 Wz au gagnant s'il est solo, ou 50000 à se partager pour un binôme :3

Les résultats seront dévoilés au bal blanc, et le gagnant sera annoncé. En cas d'égalité, j'ai aussi ma petite idée

En attendant, on vous propose un bar en ville ce soir, désolé j'ai encore tout mon bazar d'exposé partout à la villa.

A plus tard,
Tom


15/3/17 BAL BLANC - LEÏA - LISTE DES JUMELES

Gouashe Ophèniela - Clarissa Kira

William Thesaurus - Lys Chouks

Suddyn Bul - Léolïa Wendis

Gaysh Ophèniela - Elyadès Naé

Ly-Am Neir - Solyane Charmeuse

Harry Dowen - Alyce Kira

Nils She'ôl - Leona Xiro

Justin - Clyssia Ombre

Samwel Althor - Seong-Un Eternam

12/3/17 GRAND OPENING / SOIREE D'OPALINE - LISTE DES JUMELES

Voici la liste accompagnée des chansons que les participants devaient retrouver :

Alyce Kira - Gouashe Ophèniela
(Bobby Vinton - Mr. Lonely) - (Johnny Hallyday - Quand Revient La Nuit)

Lori Brown - Gaysh Ophèniela
(Ray Charles - Unchain My Heart) - (Richard Anthony - Délivre Moi)

Ella Chouks - Ly-Am Neir
(The Mamas & the Papas - California Dreamin') - (Richard Anthony - La terre promise)

Leona Xiro - Phoebus Moonlight
(Could it be magic-Barry Manilow) - (Alain Chamfort-le temps qui court)

Léolïa Wendis - Harry Dowen
(Bob Dylan - Like a Rolling Stone)-(Hugues Aufray - comme ces pierres qui roulent)

Clyssia Ombre - Alex Crokani
(Tom Paxton - The Marvelous Toy) - (Claude François - Le Jouet Extraordinaire)

Seong-Un Eternam / William Thesaurus
(Eddie cochran - C'mon everybody) - (Johnny Hallyday - La fille de l'été dernier)

Lys Chouks - Justin
(Frank et Nancy Sinatra - Somethin' Stupid) - (Sacha Distel et Johanna Shimkus - Ces mots stupides)

Solyane Charmeuze - Suddyn Bul
(Wallace Collection - Day dream) - (Claude François - Rêveries)

Elyadès Naé - Samwel Althor
(Bob Marley - No woman no cry) - (Joe Dassin - Si tu penses à moi)

Clarissa Kira / Nils She'ôl
(Trini Lopez - If I Had A Hammer) - (Claude Francois - Si j'avais un marteau)